Enlèvements Crypto en France

Tous les cas documentés d'enlèvements, séquestrations et agressions physiques liés aux cryptomonnaies en France depuis 2017. Données croisées de sources judiciaires et médiatiques.

L'escalade des crypto-kidnappings en France

Depuis le premier cas documenté à Toulouse en 2017, les agressions physiques visant des détenteurs de cryptomonnaies en France se sont multipliées à un rythme alarmant. Le phénomène est resté isolé jusqu'en 2023, avec des cas ponctuels comme le meurtre de Simon Arthuis à Plancher-Bas (2021) ou la tentative contre l'influenceur Owen Simonin (2022).

L'enlèvement du père de l'influenceur TeufeurS en août 2023, avec 1,7 million d'euros de rançon payés en crypto, marque un tournant. C'est la première opération sophistiquée de type crime organisé : faux livreur, vidéo de torture, commanditaire opérant depuis le Maroc. Les méthodes se sont ensuite propagées rapidement.

2025 : l'année record

L'affaire David Balland en janvier 2025 - cofondateur de Ledger enlevé avec sa femme, doigt sectionné, intervention du GIGN - a projeté le phénomène dans l'actualité nationale. S'en sont suivis 19 incidents documentés sur l'année : tentatives d'enlèvement de la fille du PDG de Paymium en plein Paris, complots déjoués à Nantes et en Normandie, séquestrations à domicile se terminant en transferts forcés de millions d'euros.

En mai 2025, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a convoqué une réunion d'urgence avec l'écosystème crypto et annoncé des mesures : numéro d'urgence prioritaire, audits de sécurité à domicile, briefings par les unités d'élite (GIGN, RAID, BRI). Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger, a dénoncé une "mexicanisation de la France".

Les fuites de données, catalyseur du phénomène

Trois sources de données alimentent ces agressions. La fuite Ledger de 2020, avec 273 000 adresses physiques de clients exposées publiquement. L'affaire Ghalia C., agente des impôts à Bobigny, qui vendait les adresses de déclarants crypto depuis le logiciel interne du fisc à 800 euros pièce. Et le hack de Waltio en décembre 2025, plateforme de déclaration fiscale crypto dont ~50 000 comptes ont été compromis.

La directive européenne DAC8, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, impose aux plateformes crypto de transmettre les données de leurs utilisateurs aux administrations fiscales. Si ces données ne sont pas protégées adéquatement, elles pourraient constituer un nouveau vecteur de ciblage.

Ciblage indirect : familles et proches dans le viseur

Un pattern récurrent : environ la moitié des victimes ne sont pas les détenteurs de crypto eux-mêmes. Parents âgés, conjoints, enfants - les criminels visent les proches pour maximiser la pression psychologique. À Sallanches (janvier 2026), un couple de retraités septuagénaires a été enlevé pour extorquer 8 millions d'euros à leur fils. À Toulon, un lycéen de 17 ans a été séquestré pour faire chanter son frère trader à Dubaï.

Méthodologie et sources

Ce tracker recense les cas documentés par des sources fiables : médias nationaux (France Info, Le Parisien, France Bleu), médias spécialisés (Cryptoast, Journal du Coin), sources internationales (CNN, France 24, NPR), la base de données de Jameson Lopp (GitHub), et les communications officielles de la gendarmerie et du parquet. Seuls les cas avec au moins une source vérifiable sont inclus.

Questions fréquentes

Combien d'enlèvements liés aux crypto ont eu lieu en France ?
Plus de 35 cas documentés depuis 2017, avec une accélération brutale en 2025 (19 cas) et 2026 (10 cas en 6 semaines). La France concentre environ 80% des cas européens et représente le premier pays touché au monde devant les États-Unis.
Pourquoi la France est-elle autant touchée ?
Plusieurs facteurs convergent : la fuite de données Ledger en 2020 (273 000 adresses physiques), des fuites de données fiscales (agente des impôts corrompue à Bobigny, hack de Waltio), et une obligation de déclaration des plus-values crypto qui crée des bases de données exploitables. La France a aussi un écosystème crypto dense avec beaucoup d'entrepreneurs identifiables.
Qui sont les victimes de ces enlèvements ?
Environ 50% des victimes ne sont pas les détenteurs de crypto eux-mêmes mais leurs proches : parents, conjoints, enfants. Les criminels ciblent les familles pour exercer une pression maximale. Les victimes directes incluent des entrepreneurs, des influenceurs, des traders et des investisseurs particuliers.
Quel est le profil des agresseurs ?
La majorité des suspects arrêtés ont entre 16 et 25 ans, incluant des mineurs. Beaucoup sont déjà connus des services de police pour des affaires de stupéfiants. Ils opèrent en commandos de 3 à 6 personnes, utilisent des véhicules volés et des messageries chiffrées.
Quelles mesures de protection existent ?
Depuis mai 2025, le gouvernement a mis en place : un accès prioritaire au 17 pour les professionnels crypto, des audits de sécurité à domicile par la police, des briefings GIGN/RAID/BRI pour les plus exposés. Un décret d'août 2025 permet aussi de masquer son adresse personnelle des registres publics.
Comment se protéger en tant que détenteur de crypto ?
Ne jamais afficher publiquement ses gains crypto. Utiliser un wallet multisig ou avec timelock. Séparer ses avoirs entre un wallet "leurre" avec un petit montant et un cold storage. Éviter de déclarer depuis son adresse personnelle si possible. Demander la dissimulation de son adresse sur les registres (décret de 2025).
Avertissement : Ces données sont compilées à des fins d'information et de sensibilisation. Elles ne constituent pas une liste exhaustive - certains cas peuvent ne pas avoir été rendus publics. Les montants et circonstances rapportés proviennent de sources médiatiques et peuvent contenir des inexactitudes. Si vous êtes témoin ou victime d'une agression, appelez le 17.

© crypto-sous.fr