Shorter le Bitcoin, c’est parier sur une baisse de son prix. Contrairement à un achat classique où vous gagnez quand le cours monte, un short vous rapporte quand il descend. Cette technique attire les traders expérimentés qui veulent profiter des corrections de marché ou se couvrir contre une position longue.
Mais shorter comporte des risques élevés. Le Bitcoin peut monter sans limite théorique, alors que le gain d’un short est plafonné (le prix ne peut pas descendre sous zéro). Un mouvement brutal à la hausse peut liquider votre position et vous faire perdre plus que votre mise initiale.
Ce guide explique les mécanismes du short Bitcoin, compare les méthodes disponibles, détaille les risques et expose les stratégies concrètes. L’objectif : vous donner les clés pour shorter en connaissance de cause, pas sur un coup de tête.
Les bases du short Bitcoin
Le principe du short selling
Shorter, ou vendre à découvert, consiste à emprunter un actif (ici du Bitcoin), le vendre immédiatement, puis le racheter plus tard à un prix plus bas avant de le rendre. Votre profit correspond à la différence entre le prix de vente et le prix de rachat.
Exemple concret : le Bitcoin cote 90 000 EUR. Vous shortez 0,1 BTC (9 000 EUR). Le cours chute à 81 000 EUR. Vous rachetez vos 0,1 BTC pour 8 100 EUR. Profit brut : 900 EUR, soit 10 % de gain sur la baisse.
Si le cours monte à 99 000 EUR au lieu de baisser, vous perdez 900 EUR - même pourcentage mais en négatif. Et si ça continue de monter, vos pertes augmentent sans limite.
WARNING
Le short Bitcoin expose à des pertes illimitées. Un mouvement de 20 % à la hausse peut liquider votre position si vous utilisez du levier. Ne shortez jamais plus que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.
Pourquoi shorter le Bitcoin
Trois motivations principales :
- Spéculation baissière : vous pensez que le prix va baisser à court terme (correction après un rally, retournement de tendance, événement négatif).
- Couverture (hedging) : vous détenez du Bitcoin en investissement long terme et vous shortez une partie pour vous protéger contre une baisse temporaire.
- Arbitrage : vous exploitez des différences de prix entre plusieurs marchés ou produits dérivés.
La plupart des shorts sont purement spéculatifs. Ils durent quelques heures à quelques jours, rarement plus d’un mois - la volatilité du Bitcoin rend les positions courtes risquées sur le long terme.
Les risques spécifiques au short
Le risque asymétrique est la caractéristique principale du short. Quand vous achetez du Bitcoin, votre perte maximale est de 100 % (si le cours tombe à zéro). Quand vous shortez, votre perte peut dépasser 100 % de votre capital si le cours double ou triple.
Les hausses brusques (short squeeze) sont fréquentes sur le Bitcoin. Quand beaucoup de traders sont en position short et que le prix monte rapidement, leurs liquidations forcées créent une cascade d’achats qui amplifie la hausse. Résultat : des pertes massives en quelques minutes.
Les frais de financement s’ajoutent au risque de marché. Quand vous shortez avec du margin trading ou des futures perpétuels, vous payez un taux de financement (funding rate) qui peut atteindre 0,1 à 0,3 % par jour en période de forte demande. Sur un mois, ça représente 3 à 9 % de coûts supplémentaires.
Les méthodes pour shorter le Bitcoin
Cinq techniques principales existent pour shorter le BTC. Chacune a ses avantages, ses coûts et son niveau de complexité.
CFD (Contracts for Difference)
Les CFD sont des contrats qui répliquent le prix du Bitcoin sans que vous déteniez l’actif. Vous spéculez sur la variation du cours. Vous pouvez shorter en ouvrant une position “vente” sur un courtier comme IG, eToro ou Plus500.
Avantages : accès facile, réglementé en Europe, pas besoin de compte sur un exchange crypto. Vous pouvez utiliser du levier (jusqu’à 2x en Europe pour les particuliers, limité par la réglementation ESMA).
Inconvénients : les spreads sont élevés (1 à 3 %), les frais overnight s’accumulent si vous gardez la position ouverte plusieurs jours. Et surtout, vous ne détenez pas de Bitcoin - juste un contrat avec le courtier. Si le courtier fait faillite ou bloque les retraits, vous perdez tout.
Les CFD sont adaptés aux traders qui veulent shorter sur quelques heures ou jours, avec du capital limité. Pour un short de plusieurs semaines, les frais overnight rendent cette méthode coûteuse.
Futures Bitcoin
Les contrats futures sont des accords pour acheter ou vendre du Bitcoin à un prix fixé, à une date future. En shortant un future, vous vous engagez à vendre du BTC à un prix donné. Si le cours baisse, vous pouvez racheter le future moins cher et empocher la différence.
Les futures Bitcoin se tradent sur des plateformes comme Binance Futures, Bybit, Deribit ou CME (pour les institutionnels). Ils offrent un levier jusqu’à 125x sur certaines plateformes (Binance), mais la réglementation limite ça à 2x pour les résidents européens.
Avantages : liquidité élevée, pas de date d’expiration sur les perpetual futures (futures perpétuels), possibilité de shorter avec du levier important.
Inconvénients : complexité technique, risque de liquidation si le marché bouge contre vous, frais de financement (funding rate) qui peuvent coûter cher sur le long terme.
Les futures conviennent aux traders expérimentés qui comprennent les mécanismes de marge et de liquidation. Pour un premier short, commencez avec un levier faible (2x maximum) et un montant que vous pouvez perdre.
TIP
Sur Binance Futures, activez le mode “hedge” pour pouvoir shorter et longer simultanément. Ça permet de couvrir une position longue avec un short proportionné.
Margin trading (trading sur marge)
Le margin trading consiste à emprunter du Bitcoin à la plateforme pour le vendre immédiatement. Vous devez ensuite racheter ce BTC pour rembourser l’emprunt. La différence entre votre prix de vente et votre prix de rachat constitue votre profit ou votre perte.
Kraken, Bitfinex et Binance proposent du margin trading sur le spot (le marché au comptant). Vous pouvez emprunter jusqu’à 3x ou 5x votre capital selon la plateforme et votre niveau de vérification.
Avantages : vous shortez du Bitcoin réel sur le marché spot, pas un dérivé. Les mécanismes sont plus simples que les futures.
Inconvénients : des frais d’emprunt quotidiens (0,02 à 0,1 % par jour), un risque de liquidation si le prix monte trop, et une disponibilité limitée (il faut que d’autres utilisateurs prêtent leurs BTC).
Le margin trading est un bon compromis entre la simplicité d’un achat spot et la puissance des futures. Il convient aux traders qui veulent shorter avec un levier modéré (2x à 3x) sur quelques jours ou semaines.
Options Bitcoin
Les options put donnent le droit (mais pas l’obligation) de vendre du Bitcoin à un prix fixé (strike price) avant une date d’expiration. Si le cours baisse sous le strike, votre option prend de la valeur. Si le cours reste au-dessus, vous perdez uniquement la prime payée pour l’option.
Deribit est la plateforme de référence pour les options Bitcoin. Les options se tradent aussi sur CME pour les institutionnels.
Avantages : perte maximale limitée à la prime payée, possibilité de structurer des stratégies complexes (spreads, straddles), pas de liquidation forcée.
Inconvénients : très technique, faible liquidité en dehors des strikes standards, prime coûteuse en période de forte volatilité.
Les options conviennent aux traders avancés qui maîtrisent les Greeks (delta, gamma, theta, vega) et qui veulent couvrir des positions ou spéculer avec un risque défini à l’avance.
ETF inverses (short ETF)
Certains ETF répliquent l’inverse de la performance du Bitcoin. Si le BTC baisse de 5 %, l’ETF inverse monte de 5 %. ProShares propose l’ETF BITI (Short Bitcoin Strategy) aux États-Unis. Peu d’ETF inverses Bitcoin sont disponibles en Europe.
Avantages : accessible via un compte-titres classique, réglementé, pas besoin d’ouvrir un compte sur un exchange crypto.
Inconvénients : frais de gestion élevés (1 à 2 % par an), tracking error (décalage entre la performance théorique et la performance réelle), disponibilité limitée en France.
Les ETF inverses sont adaptés aux investisseurs qui veulent shorter le Bitcoin sans passer par une plateforme crypto, mais ils coûtent cher et conviennent mal aux positions courtes.
Shorter le Bitcoin étape par étape
Voici le processus concret pour ouvrir une position short sur Binance Futures. Les étapes sont similaires sur Bybit, Bitfinex ou Kraken.
Choisir la plateforme
Pour shorter le Bitcoin, privilégiez une plateforme avec :
- Un enregistrement PSAN en France ou une régulation solide (FCA au Royaume-Uni, CySEC à Chypre)
- De la liquidité (volume quotidien supérieur à 1 milliard de dollars sur BTC/USDT)
- Des frais compétitifs (maker/taker sous 0,1 %)
- Un mode demo pour tester sans risque
Binance Futures, Bybit et Deribit remplissent ces critères. Kraken propose du margin trading plus simple pour débuter.
Créer et vérifier son compte
Inscrivez-vous sur la plateforme choisie, passez la vérification KYC (pièce d’identité + justificatif de domicile), et activez l’authentification à deux facteurs (2FA). Pour accéder aux futures ou au margin trading, vous devrez parfois passer un quiz de compréhension des risques.
Déposer du capital
Transférez des USDT, USDC ou des euros vers votre compte. Les futures se tradent principalement en USDT (Tether), le stablecoin dominant. Comptez 100 à 500 USDT minimum pour un premier short avec un levier faible.
NOTE
Commencez toujours en mode demo (testnet) si la plateforme le propose. Binance Futures et Bybit offrent des environnements de test avec de la fausse monnaie pour apprendre sans risque.
Configurer votre position
Sur Binance Futures :
- Sélectionnez la paire BTC/USDT Perpetual
- Choisissez le levier (2x à 5x pour débuter - évitez 10x et plus)
- Définissez votre taille de position (commencez petit : 10 à 50 USDT)
- Placez un stop-loss à 5-10 % au-dessus de votre prix d’entrée
- Définissez un take-profit à 5-10 % en dessous
Ouvrir le short
Cliquez sur “Vendre/Short” pour ouvrir votre position. Le contrat se remplit au prix du marché. Votre position apparaît dans l’onglet “Positions” avec le prix d’entrée, la taille, le levier, la marge utilisée et le PnL (profit and loss) en temps réel.
Surveillez le funding rate dans l’interface. S’il est positif et élevé (0,05 % ou plus), vous payez des frais toutes les 8 heures. S’il est négatif, vous recevez des frais. En période haussière, le funding rate peut coûter 0,3 % par jour - soit 9 % par mois.
Fermer la position
Quand votre objectif de prix est atteint (ou quand votre stop-loss se déclenche), fermez la position en cliquant sur “Fermer” dans l’onglet Positions. Vous pouvez aussi placer un ordre limit pour fermer automatiquement à un prix cible.
Ne laissez jamais une position short ouverte sans stop-loss. Les short squeezes peuvent faire monter le prix de 20 % en quelques heures et liquider votre compte.
Calcul des profits et pertes
Formule de base
Pour un short sans levier :
Profit = (Prix d’entrée - Prix de sortie) × Quantité de BTC shortée
Exemple : vous shortez 0,1 BTC à 90 000 EUR. Vous rachetez à 85 500 EUR. Profit = (90 000 - 85 500) × 0,1 = 4 500 × 0,1 = 450 EUR
Si le prix monte à 94 500 EUR : Perte = (90 000 - 94 500) × 0,1 = -4 500 × 0,1 = -450 EUR
Impact du levier
Le levier multiplie votre exposition, donc vos gains et vos pertes. Avec un levier 5x, vous contrôlez 5 fois plus de BTC avec le même capital.
Capital : 1 000 EUR Levier : 5x Position totale : 5 000 EUR de BTC shorté Prix d’entrée : 90 000 EUR Quantité : 0,0555 BTC
Si le prix baisse à 85 500 EUR (-5 %) : Profit brut = (90 000 - 85 500) × 0,0555 = 250 EUR ROI = 250 / 1 000 = 25 %
Si le prix monte à 94 500 EUR (+5 %) : Perte brute = (90 000 - 94 500) × 0,0555 = -250 EUR ROI = -250 / 1 000 = -25 %
Avec un mouvement de 20 % à la hausse, vous perdez 100 % de votre capital et la position est liquidée.
Frais à déduire
Trois types de frais réduisent votre profit net :
- Frais de trading : 0,02 à 0,1 % à l’ouverture et à la fermeture (0,04 à 0,2 % au total)
- Funding rate : 0 à 0,3 % par jour selon le sentiment du marché
- Spread : différence entre le prix bid et ask, négligeable sur BTC/USDT mais peut atteindre 0,1 à 0,2 % sur des paires moins liquides
Sur un short de 10 jours avec 0,1 % de funding rate quotidien et 0,05 % de frais de trading aller-retour, vous perdez environ 1,1 % de votre position en frais. Ça mange une partie significative de votre marge de profit.
CAUTION
Un levier 10x signifie qu’un mouvement de 10 % contre vous liquide votre position. Ne dépassez jamais 5x en tant que débutant, et 3x est plus raisonnable.
Gestion du risque sur un short
Le stop-loss obligatoire
Le stop-loss est l’outil numéro un pour limiter les pertes. Placez-le toujours avant d’ouvrir votre position. Une règle simple : ne risquez jamais plus de 2 à 5 % de votre capital sur un seul trade.
Capital total : 2 000 EUR Risque acceptable : 2 % = 40 EUR Levier : 3x Taille de position : 6 000 EUR (200 EUR de marge)
Si vous shortez à 90 000 EUR, placez votre stop-loss à 91 800 EUR (+2 %). Si le prix atteint ce niveau, vous perdez 40 EUR (2 % de votre capital), pas 200 EUR (votre marge entière).
Le take-profit
Définissez aussi un objectif de profit avant d’entrer. Un ratio risque/reward de 1:2 ou 1:3 est recommandé. Si vous risquez 40 EUR avec un stop à +2 %, visez 80 à 120 EUR de profit avec un take-profit à -4 % ou -6 %.
Cette discipline évite de laisser courir un trade gagnant jusqu’à ce qu’il reparte dans l’autre sens. Prenez vos profits quand l’objectif est atteint, puis réévaluez.
Dimensionnement de la position (position sizing)
Ne mettez jamais tout votre capital dans un seul short. Même avec un stop-loss, une liquidation peut arriver si le prix fait un wick (mouvement bref mais brutal) avant de revenir.
Répartissez votre capital : 10 à 20 % maximum dans une position short. Si vous avez 1 000 EUR, ne shortez pas plus de 100 à 200 EUR de marge (soit 300 à 600 EUR de position avec un levier 3x).
Le short squeeze : l’ennemi du shorter
Un short squeeze se produit quand beaucoup de traders sont en position short et que le prix monte brusquement. Les stop-loss et les liquidations forcées créent des ordres d’achat en cascade, ce qui amplifie la hausse.
Le Bitcoin a connu plusieurs short squeezes violents :
- Mai 2019 : +20 % en 24 heures, 400 millions de dollars de shorts liquidés
- Janvier 2021 : +30 % en 48 heures après l’annonce Tesla
- Mars 2024 : +15 % en 12 heures suite à l’adoption par MicroStrategy
Pour vous protéger, ne shortez jamais pendant une phase de FOMO (fear of missing out) où le sentiment est très haussier. Et ne doublez jamais votre position (averaging down) si le prix monte contre vous - c’est la meilleure façon de perdre tout votre capital.
Stratégies de short Bitcoin
Le short de contre-tendance
Vous identifiez une zone de résistance technique (un niveau de prix où le BTC a reculé plusieurs fois dans le passé) et vous shortez quand le prix l’atteint. L’idée : le marché va rejeter ce niveau et corriger.
Exemple : le Bitcoin monte de 80 000 à 95 000 EUR en trois semaines. Il atteint 95 000 EUR, un niveau qu’il n’a jamais dépassé. Vous shortez à 95 000 EUR avec un stop-loss à 97 000 EUR (+2 %) et un take-profit à 90 000 EUR (-5 %).
Cette stratégie fonctionne bien après un rally important, quand les indicateurs de momentum (RSI, MACD) montrent une surchauffe. Mais elle échoue dans une tendance haussière forte - le Bitcoin peut casser une résistance et continuer de monter.
Le short de retournement
Vous attendez des signes techniques que la tendance haussière s’inverse : cassure d’un support clé, divergence baissière sur le RSI, death cross (la moyenne mobile 50 jours passe sous la moyenne 200 jours).
Exemple : le Bitcoin passe sous sa moyenne mobile 200 jours à 85 000 EUR après avoir stagné pendant deux semaines. Vous shortez à 84 000 EUR (confirmation de la cassure) avec un stop à 86 000 EUR et un take-profit à 78 000 EUR.
Cette stratégie demande de la patience - vous attendez la confirmation avant d’entrer, ce qui limite le risque de faux signal. Mais elle rate souvent les premiers pourcents de la baisse.
Le short de hedging
Vous détenez du Bitcoin long terme (dans un wallet personnel) et vous shortez une partie équivalente sur un exchange pour vous protéger contre une correction temporaire. Si le prix baisse, votre short compense la perte sur votre position spot. Si le prix monte, votre spot gagne plus que votre short ne perd.
Exemple : vous avez 1 BTC acheté à 70 000 EUR. Le prix atteint 90 000 EUR. Vous pensez qu’une correction arrive, mais vous ne voulez pas vendre vos BTC (pour éviter la fiscalité ou parce que vous croyez au long terme). Vous shortez 0,5 BTC avec un levier 2x sur Binance Futures.
Si le prix chute de 10 % (90 000 à 81 000 EUR) :
- Perte sur votre 1 BTC spot : -9 000 EUR
- Gain sur votre short 0,5 BTC × 2 (levier) = 1 BTC shorté : +9 000 EUR
- Résultat net : 0 EUR (hors frais)
Si le prix monte de 10 % (90 000 à 99 000 EUR) :
- Gain sur votre 1 BTC spot : +9 000 EUR
- Perte sur votre short : -9 000 EUR
- Résultat net : 0 EUR (hors frais)
Le hedging ne vous fait pas gagner d’argent - il stabilise votre position pendant les phases volatiles. C’est utile si vous attendez un événement macroéconomique incertain (décision de la Fed, résultats d’élections) et que vous voulez dormir tranquille.
TIP
Pour hedger efficacement, ajustez votre ratio short/long selon votre conviction. Un hedge 50/50 neutralise tout mouvement. Un hedge 30/70 vous laisse exposé à 70 % de la hausse et protège contre 30 % de la baisse.
Erreurs à éviter quand on short
Shorter en tendance haussière forte
Le Bitcoin peut monter pendant des mois sans correction majeure. Shorter contre une tendance forte épuise votre capital en frais de financement et en stop-loss successifs. Attendez des signes de ralentissement ou de retournement avant d’entrer.
Michael Burry, le trader qui a anticipé la crise des subprimes en 2008, a tenté de shorter le Bitcoin plusieurs fois depuis 2021. Résultat : des pertes répétées quand le marché continuait de monter. Même les meilleurs traders se trompent sur le timing.
Utiliser un levier excessif
Un levier 20x ou 50x transforme un mouvement de 5 % en liquidation. Les débutants surestiment leur capacité à prévoir le marché et sous-estiment la volatilité du Bitcoin. Limitez-vous à 2x ou 3x tant que vous n’avez pas une stratégie validée sur plusieurs mois.
Ne pas définir de stop-loss
Laisser courir une position short sans protection est suicidaire. Un tweet d’Elon Musk, une annonce d’adoption par un État ou un mouvement de baleine peuvent faire monter le prix de 15 % en une heure. Votre compte peut être liquidé avant que vous ne réagissiez.
Doubler la mise (averaging down)
Votre short perd 10 %. Vous doublez votre position pour “moyenner à la baisse” et réduire votre prix d’entrée moyen. Le prix continue de monter de 10 % supplémentaires. Vous avez maintenant deux positions perdantes au lieu d’une, et votre risque de liquidation a explosé.
Cette technique fonctionne quand le marché finit par vous donner raison. Mais elle échoue spectaculairement quand la tendance continue contre vous - et vous perdez tout votre capital.
Ignorer le sentiment du marché
Le Bitcoin est un actif à forte composante psychologique. Quand le Fear and Greed Index atteint 80+ (extrême cupidité), une correction peut arriver. Mais elle peut aussi être différée de plusieurs semaines si les nouvelles sont positives (ETF approuvés, adoption institutionnelle, halvings).
Consultez les données on-chain (Open Interest, funding rate, ratio long/short) avant de shorter. Si 70 % des traders sont déjà en position short, un short squeeze devient probable.
Fiscalité du short Bitcoin en France
Les gains réalisés sur un short Bitcoin sont soumis à la flat tax de 30 % comme tout gain en cryptomonnaies. Mais attention : les pertes ne sont pas déductibles des autres plus-values crypto l’année suivante (contrairement aux actions).
Vous devez déclarer vos comptes sur des plateformes de trading étrangères (Binance, Bybit, Deribit) dans votre déclaration de revenus. L’amende pour un compte non déclaré peut atteindre 1 500 EUR par compte et par an.
Les frais de trading et les frais de financement ne sont pas déductibles en tant que frais professionnels (sauf si vous êtes trader professionnel avec un statut BNC). Ils viennent en déduction du gain brut pour calculer votre plus-value imposable.
Exemple : vous shortez 0,1 BTC à 90 000 EUR, vous rachetez à 85 500 EUR. Gain brut : 450 EUR. Vous avez payé 10 EUR de frais de trading et 15 EUR de frais de financement. Plus-value imposable : 450 - 10 - 15 = 425 EUR. Impôt dû : 425 × 30 % = 127,50 EUR.
Pour en savoir plus sur la déclaration et le calcul des impôts, consultez notre guide sur la fiscalité Bitcoin en France.
Outils et ressources pour shorter le Bitcoin
Plateformes recommandées
- Binance Futures : liquidité maximale, levier jusqu’à 125x (2x pour l’Europe), frais compétitifs (0,02 % maker / 0,05 % taker)
- Bybit : interface claire, mode demo disponible, frais similaires à Binance
- Kraken : margin trading simple, réglementé aux États-Unis et en Europe, levier limité à 5x
- Deribit : spécialisé en options Bitcoin, idéal pour des stratégies complexes
Indicateurs techniques utiles
- RSI (Relative Strength Index) : valeur > 70 indique une surachat, moment potentiel pour shorter
- **