Aller au contenu principal
Minage 11 min de lecture

Consommation énergétique de Bitcoin : chiffres, sources et impact réel

Bitcoin consomme 150 TWh/an. Analyse factuelle : sources d'énergie, comparaisons internationales, débat environnemental et évolution depuis 2009.

Consommation énergétique de Bitcoin : chiffres, sources et impact réel

Bitcoin consomme environ 150 térawattheures (TWh) d’électricité par an en 2025-2026 selon le Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index. C’est comparable à la consommation de la Pologne ou de l’Argentine. Ce chiffre alimente un débat permanent sur l’impact environnemental du réseau.

La question centrale n’est pas la quantité d’énergie utilisée, mais sa source. Un mineur alimenté par une centrale à charbon pollue. Un mineur branché sur de l’hydroélectricité ou du surplus solaire émet peu de CO2. En 2025, environ 53% de l’énergie du minage provient de renouvelables d’après le Bitcoin Mining Council - mais ce chiffre fait débat.

Cet article examine les données brutes : combien Bitcoin consomme, d’où vient cette énergie, comment la consommation a évolué depuis 2009, et ce que les chiffres révèlent vraiment sur l’empreinte du réseau.

Combien Bitcoin consomme : les chiffres de 2025-2026

Le Cambridge Centre for Alternative Finance maintient un indice de référence : le Bitcoin Electricity Consumption Index (BECI). En février 2026, leur estimation se situe autour de 150 TWh par an, avec une fourchette basse à 120 TWh et haute à 180 TWh.

Ces 150 TWh représentent environ 0,6% de la consommation électrique mondiale totale (environ 25 000 TWh en 2024). Pour contextualiser : la France consomme environ 450 TWh par an, les États-Unis près de 4 000 TWh, et la Chine autour de 7 500 TWh.

La puissance instantanée du réseau Bitcoin oscille entre 17 et 20 gigawatts (GW) en 2026. C’est l’équivalent de 15 à 18 réacteurs nucléaires de type EPR fonctionnant en continu. Le hashrate total (puissance de calcul) dépasse 900 millions de terahash par seconde (TH/s), et chaque terahash consomme en moyenne 15 à 18 joules d’énergie avec les ASIC de dernière génération.

NOTE

Le Cambridge BECI estime la consommation à 150 TWh/an (±30 TWh). Cette fourchette reflète l’incertitude sur l’efficacité moyenne des machines et le mix énergétique réel des mineurs.

L’évolution depuis 2009 : de l’ordinateur portable aux fermes industrielles

En 2009, Satoshi Nakamoto minait les premiers blocs sur son ordinateur portable. La consommation du réseau était négligeable - quelques kilowattheures par jour au maximum. Vous pouviez miner avec un processeur classique.

En 2010-2011, les mineurs sont passés aux cartes graphiques (GPU). La consommation du réseau est montée à quelques dizaines de gigawattheures par an. Le hashrate dépassait les 10 TH/s en 2011. Un PC avec deux bonnes cartes graphiques consommait 300-500 watts et rapportait quelques dizaines de BTC par mois.

L’arrivée des ASIC en 2013 a changé la donne. Ces puces dédiées au minage ont multiplié l’efficacité par 100 à 1 000 par rapport aux GPU. Le hashrate a explosé : 1 exahash (1 000 000 TH/s) atteint en 2016, 10 EH/s en 2017, 50 EH/s en 2019. La consommation suivait : 20 TWh en 2017, 50 TWh en 2019, 100 TWh en 2021.

Le ban chinois de mai 2021 a créé une chute brutale. Le hashrate est passé de 180 EH/s à 85 EH/s en quelques semaines. La consommation a baissé temporairement d’environ 40%. Puis les mineurs ont migré vers les États-Unis, le Kazakhstan, la Russie et d’autres juridictions. Le hashrate a retrouvé son niveau d’avant-ban en six mois.

Depuis 2022, la croissance a ralenti mais reste soutenue. Le hashrate a franchi les 500 EH/s en 2023, puis les 900 EH/s en 2025. La consommation suit cette courbe avec un léger décalage lié à l’amélioration de l’efficacité des ASIC. Les machines de 2026 consomment 30% de moins par terahash que celles de 2022.

D’où vient l’électricité : mix énergétique du minage

Le Bitcoin Mining Council (BMC), qui regroupe environ 50% du hashrate global, publie des rapports trimestriels. Leur dernier chiffre pour 2025 : 53,3% d’énergies renouvelables dans le mix des membres. Ce pourcentage inclut l’hydroélectrique, le solaire, l’éolien et le nucléaire (classé comme bas-carbone).

Mais le BMC ne représente qu’une partie du réseau. Les mineurs non-membres - dont beaucoup en Chine, Russie ou Kazakhstan - ont des profils énergétiques différents. Des analyses indépendantes estiment le taux global de renouvelables entre 40% et 60% selon les méthodologies.

Répartition par source d’énergie (estimation 2025)

SourcePart estiméeÉmissions CO2
Hydroélectricité25-30%Très faibles
Gaz naturel20-25%400-500 g CO2/kWh
Charbon15-20%800-1000 g CO2/kWh
Nucléaire10-15%Très faibles
Éolien/Solaire10-15%Très faibles
Autres (pétrole, biomasse)5-10%Variable

Les zones où le minage se concentre déterminent le mix. Le Texas, premier État mineur aux États-Unis, dispose d’un réseau électrique avec 30% d’éolien et 10% de solaire. Le Kazakhstan utilise massivement le charbon (70% de son mix national). La Norvège et l’Islande, petits acteurs, tournent presque entièrement à l’hydroélectrique et au géothermique.

TIP

Les mineurs recherchent l’électricité la moins chère, pas forcément la plus verte. Mais la baisse des coûts du renouvelable (solaire et éolien) rend les sources propres économiquement compétitives dans de plus en plus de régions.

Comparaisons internationales : Bitcoin face aux secteurs traditionnels

Bitcoin consomme 150 TWh par an. Voici quelques repères :

  • Système bancaire traditionnel : estimé entre 260 et 650 TWh/an selon les périmètres (banques, distributeurs, data centers, compensation, armored trucks). Les chiffres varient beaucoup selon ce qu’on inclut. Une étude de Galaxy Digital estime le total à environ 263 TWh pour le secteur bancaire classique.

  • Extraction de l’or : environ 240 TWh par an d’après le World Gold Council, en incluant le minage, le raffinage, le transport et la sécurité. L’or est souvent comparé à Bitcoin comme réserve de valeur.

  • YouTube : environ 12 à 15 TWh par an pour les data centers, serveurs et CDN (Content Delivery Networks).

  • Les data centers mondiaux : 200 à 250 TWh par an selon l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), soit 1% de la demande électrique mondiale. Bitcoin représente environ 60-75% de la consommation des data centers.

  • Les climatiseurs aux États-Unis : environ 215 TWh par an, d’après l’Energy Information Administration (EIA).

  • Les sèche-linges résidentiels américains : environ 60 TWh par an.

Ces comparaisons ont leurs limites. Bitcoin sécurise un réseau monétaire décentralisé. Le système bancaire offre des services de crédit, d’épargne, de paiement. L’or sert de bijou, de composant électronique et de réserve. Chacun a une fonction différente. Comparer uniquement l’énergie consommée simplifie le débat.

Émissions de CO2 : les chiffres du débat

La consommation d’énergie ne dit rien sur les émissions de gaz à effet de serre. Un kilowattheure produit par une centrale au charbon émet environ 820 grammes de CO2. Le même kilowattheure d’origine hydroélectrique émet 4 grammes.

Le Cambridge Centre estime les émissions annuelles de Bitcoin entre 65 et 90 millions de tonnes de CO2 équivalent (MtCO2e) en 2025. Pour contextualiser :

  • Émissions mondiales totales : environ 37 000 MtCO2e en 2024 (Agence Internationale de l’Énergie). Bitcoin représente 0,17% à 0,24% du total.
  • France : environ 300 MtCO2e par an (tous secteurs).
  • Secteur aérien mondial : environ 900 MtCO2e par an.
  • Production de ciment : environ 2 800 MtCO2e par an.

Le mix énergétique fait toute la différence. Si Bitcoin tournait à 100% au charbon, les émissions grimperaient à environ 135 MtCO2e. À 100% d’hydroélectricité, elles tomberaient sous 5 MtCO2e. La réalité se situe entre les deux.

IMPORTANT

Les émissions de Bitcoin (65-90 MtCO2e/an) représentent 0,17-0,24% des émissions mondiales. Le débat porte moins sur cette part que sur l’utilité du réseau par rapport à son coût environnemental.

Le gaz torché : transformer un déchet en calcul

Un phénomène intéressant émerge aux États-Unis et au Canada : le minage sur gaz torché (flared gas). Les puits de pétrole produisent du gaz naturel en sous-produit. Quand les infrastructures pour le transporter manquent, ce gaz est brûlé à l’air libre - le “torchage”. Cela émet du CO2 sans produire aucune énergie utile.

Des entreprises installent des générateurs et des ASIC directement sur les sites de torchage. Le gaz alimente les générateurs, qui produisent de l’électricité pour miner du Bitcoin. Au lieu d’être brûlé pour rien, le gaz génère de la valeur. Les émissions restent, mais l’impact net est neutre par rapport au torchage classique - et potentiellement positif si cela incite à capter plus de gaz.

Crusoe Energy, EZ Blockchain et d’autres opérateurs déploient des milliers de conteneurs de minage sur des sites pétroliers au Texas, au Dakota du Nord et en Alberta. Cette approche représente quelques pourcents du hashrate global, mais elle grandit. Elle montre que le minage peut s’adapter à des sources d’énergie marginales ou perdues.

La stabilisation des réseaux électriques : minage flexible

Le minage de Bitcoin peut servir de “charge flexible” pour les réseaux électriques. Le concept : les mineurs consomment beaucoup, mais peuvent s’arrêter en quelques secondes. Cela en fait des clients intéressants pour absorber les surplus d’énergie ou réduire la demande en cas de pic.

Au Texas, l’opérateur ERCOT (Electric Reliability Council of Texas) a signé des accords avec plusieurs fermes de minage. Quand le réseau est sous tension (canicule, pic de demande), les mineurs coupent leurs machines. En échange, ils reçoivent des tarifs avantageux le reste du temps. En février 2021, lors de la tempête hivernale qui a paralysé le Texas, les mineurs ont réduit leur consommation de 99% pendant plusieurs jours pour libérer de la capacité.

En Islande et en Norvège, les mineurs s’installent près des barrages hydroélectriques. L’été, quand la fonte des neiges gonfle les rivières, la production dépasse la demande locale. Au lieu de gaspiller cette énergie ou de la vendre à perte, les opérateurs alimentent des data centers de minage. L’hiver, quand la demande monte, les mineurs réduisent ou arrêtent.

Ce modèle transforme le minage en variable d’ajustement. Cela reste marginal en 2026, mais des projets pilotes se multiplient. Le minage devient un outil de gestion du réseau électrique, pas seulement un consommateur passif.

Les alternatives à la preuve de travail : preuve d’enjeu et au-delà

Ethereum est passé de la preuve de travail (Proof of Work, PoW) à la preuve d’enjeu (Proof of Stake, PoS) en septembre 2022 avec le Merge. Ce changement a réduit la consommation d’énergie d’Ethereum de 99,95% - de 94 TWh à environ 0,01 TWh par an.

La PoS remplace les mineurs par des validateurs. Au lieu de résoudre des calculs, les validateurs bloquent des tokens (leur “enjeu”) pour proposer et valider des blocs. Pas de course au hashrate, pas d’ASIC, pas de fermes industrielles. La sécurité repose sur des incitations économiques : un validateur malhonnête perd son enjeu.

Pourquoi Bitcoin ne passe-t-il pas à la PoS ? La communauté Bitcoin considère que la PoW offre des propriétés de sécurité et de décentralisation supérieures. La PoW ancre le réseau dans le monde physique - vous ne pouvez pas créer du hashrate par décret. La PoS favorise ceux qui détiennent déjà beaucoup de tokens. Bitcoin privilégie la résistance à la censure et l’immutabilité, même au prix d’une consommation énergétique élevée.

Le débat reste ouvert. Certains développeurs Bitcoin explorent des améliorations (par exemple, des soft forks pour réduire la taille des blocs ou optimiser les signatures), mais un passage à la PoS n’est pas à l’ordre du jour. La preuve de travail fait partie de l’identité de Bitcoin.

La récupération de chaleur : chauffage et agriculture

Le réseau Bitcoin produit environ 100 TWh de chaleur par an selon K33 Research - assez pour chauffer 10 millions de foyers européens ou un pays comme la Finlande. Cette chaleur est généralement perdue, dissipée par des ventilateurs ou des tours de refroidissement.

Des projets tentent de la valoriser. En France, des entreprises comme WiseMining et Heatbit vendent des radiateurs-mineurs : vous chauffez votre appartement, et les ASIC intégrés minent du BTC. En hiver, l’énergie sert deux fois. Des piscines municipales en Autriche et aux Pays-Bas utilisent la chaleur de fermes de minage pour maintenir l’eau à température. Au Canada, des serres agricoles chauffent leurs cultures grâce à des conteneurs de minage installés à proximité.

Ces initiatives restent anecdotiques à l’échelle du réseau. Récupérer la chaleur implique d’installer les machines près des utilisateurs finaux, ce qui ajoute des coûts logistiques. Mais la logique est solide : transformer un déchet en ressource.

TIP

La chaleur du minage peut chauffer des bâtiments, des serres ou des piscines. Des projets pilotes en France, Canada et Europe du Nord testent cette valorisation à petite échelle.

Projections futures : vers une stabilisation ?

Trois facteurs vont influencer la consommation énergétique de Bitcoin dans les années qui viennent.

Les halvings. La récompense de bloc diminue de moitié tous les quatre ans. Actuellement à 3,125 BTC par bloc (depuis avril 2024), elle passera à 1,5625 BTC en 2028, puis 0,78125 BTC en 2032. Si le cours du BTC ne compense pas cette baisse, les revenus des mineurs diminuent. Les mineurs les moins efficaces sortent du marché. Le hashrate et la consommation peuvent se stabiliser ou baisser temporairement après chaque halving.

L’efficacité des ASIC. Les puces progressent. En 2016, un ASIC consommait 100 J/TH. En 2020, 30 J/TH. En 2026, 15-16 J/TH. Si les fabricants (Bitmain, MicroBT, Canaan) continuent d’améliorer l’efficacité, le hashrate peut augmenter sans hausse proportionnelle de la consommation. La loi de Moore ralentit, mais des gains de 10-20% tous les deux ans restent possibles.

Le cours du bitcoin. Si le BTC dépasse 150 000 ou 200 000 dollars dans les prochaines années, miner devient plus rentable. Plus de mineurs entrent, le hashrate monte, la consommation aussi. Si le cours stagne ou baisse durablement, l’effet inverse se produit. Le halving de 2024 et les récentes baisses de difficulté montrent que le marché s’ajuste rapidement.

Un scénario probable : la consommation se stabilise entre 150 et 200 TWh d’ici 2030, avec des fluctuations liées au cours et aux halvings. Le mix énergétique devrait continuer à verdir, porté par la baisse des coûts du solaire et de l’éolien. Bitcoin ne deviendra probablement pas neutre en carbone, mais son empreinte par transaction diminuera grâce au Lightning Network et à d’autres solutions de seconde couche qui multiplient les transactions sans augmenter la charge de la blockchain principale.


FAQ

Bitcoin consomme-t-il plus d’énergie que des pays entiers ?
Oui. Avec environ 150 TWh par an, Bitcoin consomme autant que la Pologne ou l’Argentine. C’est 0,6% de la consommation électrique mondiale. Ce chiffre place Bitcoin dans le top 30 des “consommateurs nationaux”, mais reste marginal à l’échelle globale.

Quelle part de l’énergie de Bitcoin provient de sources renouvelables ?
Entre 40% et 60% selon les études, avec une estimation centrale autour de 53% (Bitcoin Mining Council, 2025). Ce taux varie selon les régions et évolue avec le temps. L’hydroélectricité domine parmi les renouvelables, suivie de l’éolien et du solaire.

Le minage de Bitcoin aggrave-t-il le réchauffement climatique ?
Bitcoin émet entre 65 et 90 millions de tonnes de CO2 par an, soit environ 0,2% des émissions mondiales. L’impact dépend du mix énergétique des mineurs. Une ferme alimentée au charbon pollue 200 fois plus qu’une ferme hydroélectrique pour le même hashrate. Le débat porte moins sur la quantité d’énergie que sur sa source et l’utilité du réseau par rapport à son coût environnemental.

Pourquoi Bitcoin ne passe-t-il pas à la preuve d’enjeu comme Ethereum ?
La communauté Bitcoin considère que la preuve de travail offre des garanties de sécurité et de décentralisation supérieures. La PoW ancre le réseau dans le monde physique : vous ne pouvez pas créer de la puissance de calcul par décret. Un passage à la PoS impliquerait un changement de consensus qui diviserait probablement le réseau. Bitcoin privilégie la stabilité et la résistance à la censure, même si cela coûte de l’énergie.

Est-ce que la consommation de Bitcoin va continuer à augmenter indéfiniment ?
Non. Trois freins existent : les halvings réduisent les revenus des mineurs, l’efficacité des ASIC progresse (plus de hashrate pour moins de watts), et le marché s’autorégule (quand miner coûte plus cher que les BTC reçus, les mineurs arrêtent). La consommation devrait se stabiliser entre 150 et 200 TWh d’ici 2030, avec des variations selon le cours du BTC et l’innovation technologique.

Pages liees

Explorer aussi

Cryptus

Cryptus

Fondateur de CryptoSous. Investisseur crypto depuis 2017, il écrit des guides pratiques depuis 2019.

Cet article est publie a titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute decision financiere.