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Nombre de bitcoins : pourquoi la limite de 21 millions existe

Découvrez pourquoi Bitcoin est limité à 21 millions d'unités. Mécanisme technique, implications économiques et conséquences de cette rareté programmée.

Nombre de bitcoins : pourquoi la limite de 21 millions existe

Bitcoin compte un nombre maximum de 21 millions d’unités. Ce chiffre est inscrit dans le code depuis 2009. En janvier 2026, environ 19,8 millions de BTC circulent déjà. Les 1,2 million restants seront créés d’ici 2140, au rythme décroissant imposé par le protocole.

Cette limite n’est pas un détail technique. Elle définit la politique monétaire de Bitcoin - aucune banque centrale ne peut décider d’en créer plus. La rareté est garantie par des règles mathématiques, pas par la confiance dans une institution. Comprendre ce mécanisme, c’est saisir pourquoi Bitcoin fonctionne différemment de l’euro ou du dollar.

Pourquoi exactement 21 millions

Satoshi Nakamoto n’a jamais expliqué en détail le choix du chiffre 21 millions. Dans les échanges sur les forums BitcoinTalk en 2010, il a simplement dit que c’était “un bon compromis”. Le code source du protocole révèle la logique : Bitcoin démarre avec une récompense de 50 BTC par bloc. Cette récompense est divisée par deux tous les 210 000 blocs (environ quatre ans). Le processus continue jusqu’à ce que la récompense devienne si petite qu’elle atteint zéro.

Le calcul suit une série géométrique : 50 + 25 + 12,5 + 6,25 + 3,125… Si vous additionnez tous ces nombres jusqu’à l’infini, vous tombez sur 100. Comme un bloc est créé toutes les 10 minutes en moyenne, et qu’il y a 210 000 blocs entre chaque halving, vous obtenez 210 000 blocs × 100 BTC = 21 millions de BTC au total.

Le chiffre n’a rien de magique. Satoshi aurait pu choisir 42 millions en doublant la récompense initiale, ou 10,5 millions en la divisant par deux. Ce qui compte, c’est la prévisibilité : n’importe qui peut calculer combien de bitcoins existeront à une date donnée. Pas de surprise, pas d’ajustement politique.

NOTE

La limite de 21 millions résulte d’une série géométrique : récompense initiale de 50 BTC divisée par deux tous les 210 000 blocs. Le total converge mathématiquement vers 21 millions.

Le halving : moteur de la rareté

Le halving divise par deux la récompense des mineurs tous les 210 000 blocs. Ce mécanisme contrôle l’émission de nouveaux bitcoins et garantit la limite de 21 millions.

Historique des halvings :

DateBlocRécompense avantRécompense aprèsBTC en circulation
3 janvier 20090-50 BTC0
28 novembre 2012210 00050 BTC25 BTC~10,5 millions
9 juillet 2016420 00025 BTC12,5 BTC~15,75 millions
11 mai 2020630 00012,5 BTC6,25 BTC~18,375 millions
20 avril 2024840 0006,25 BTC3,125 BTC~19,6875 millions
~20281 050 0003,125 BTC1,5625 BTC~20,34 millions

Le dernier halving de 2024 a réduit la production quotidienne de bitcoins de 900 à environ 450 BTC. Les mineurs gagnent moins de BTC par bloc validé. Pour rester rentables, ils comptent sur la hausse du cours ou sur les frais de transaction. Le halving crée une pression déflationniste mécanique : moins de nouveaux BTC entrent en circulation alors que la demande peut rester stable ou augmenter.

TIP

Tous les quatre ans environ, le halving divise par deux la production de nouveaux bitcoins. Suivez les dates sur des outils comme la timeline Bitcoin pour anticiper ces événements.

Combien de bitcoins circulent réellement

En janvier 2026, environ 19,8 millions de BTC ont été créés. Mais tous ne circulent pas. Une partie importante est perdue - clés privées perdues, disques durs jetés, portefeuilles oubliés. Chainalysis estime qu’entre 3,7 et 5 millions de BTC sont définitivement inaccessibles. Ça représente entre 17 % et 23 % de l’offre totale.

James Howells, un développeur britannique, a jeté un disque dur contenant 8 000 BTC en 2013. Stefan Thomas, un programmeur allemand, a oublié le mot de passe d’un portefeuille contenant 7 002 BTC. Ces histoires se comptent par milliers. Chaque bitcoin perdu réduit l’offre disponible et augmente mathématiquement la rareté.

Autre catégorie : les BTC immobiles depuis des années. Environ 20 % des bitcoins n’ont pas bougé depuis plus de cinq ans. Certains appartiennent à des investisseurs de long terme (les “hodlers”), d’autres sont probablement perdus. Le portefeuille de Satoshi Nakamoto contient environ 1 million de BTC minés entre 2009 et 2010 - ils n’ont jamais été dépensés.

L’offre circulante effective tourne autour de 14 à 15 millions de BTC. C’est cette quantité qui change de mains, qui sert aux transactions, qui est tradée sur les plateformes. La rareté réelle dépasse donc la limite théorique de 21 millions.

Impossible de créer plus de 21 millions

Le protocole Bitcoin fixe la limite à 21 millions. Modifier ce chiffre nécessiterait de changer le code source et de faire accepter cette modification par la majorité du réseau - mineurs, noeuds complets, développeurs, utilisateurs.

Bitcoin fonctionne par consensus. Si un mineur décide de créer un bloc avec une récompense de 10 BTC au lieu de 3,125 BTC, ce bloc sera rejeté par les autres noeuds. Les règles sont vérifiées en permanence par des milliers de machines indépendantes. Pour imposer un changement, il faut convaincre la majorité du réseau d’adopter une nouvelle version du logiciel - ce qu’on appelle un “hard fork”.

L’histoire a montré que ces changements sont difficiles. En 2017, un groupe a proposé d’augmenter la taille des blocs pour traiter plus de transactions. Le réseau s’est divisé : Bitcoin est resté inchangé, et les partisans du changement ont créé Bitcoin Cash (BCH), une cryptomonnaie séparée avec ses propres règles. Bitcoin Cash n’a jamais atteint la capitalisation ou l’adoption de Bitcoin.

Toucher au plafond de 21 millions provoquerait une rupture encore plus violente. Les investisseurs institutionnels, les États qui détiennent des BTC, les utilisateurs qui croient en la rareté programmatique rejeteraient massivement le changement. Le réseau se scinderait, et la version modifiée perdrait sa valeur et sa crédibilité. La limite de 21 millions est devenue un dogme technique et économique.

WARNING

Modifier la limite de 21 millions nécessiterait un consensus massif du réseau. Toute tentative provoquerait un hard fork et la perte de confiance. Aucun précédent n’existe dans l’histoire de Bitcoin.

Les conséquences économiques de la limite

Une offre fixe change les règles du jeu par rapport aux monnaies classiques. L’euro, le dollar, le yen sont émis par des banques centrales qui ajustent la masse monétaire selon les objectifs de croissance, d’emploi ou d’inflation. Bitcoin ne connaît pas ces ajustements. L’offre augmente à un rythme décroissant et s’arrêtera complètement en 2140.

Cette caractéristique fait de Bitcoin un actif déflationniste par design. Si la demande augmente alors que l’offre stagne ou diminue (bitcoins perdus), le prix monte mécaniquement. C’est l’inverse de l’inflation monétaire où la création de nouveaux billets dilue la valeur de ceux déjà en circulation.

La Banque Centrale Européenne a créé environ 5 000 milliards d’euros entre 2015 et 2022 via son programme d’assouplissement quantitatif. La Réserve Fédérale américaine a injecté plus de 4 000 milliards de dollars dans l’économie entre 2020 et 2022. Bitcoin ne peut pas faire ça. Aucune entité ne peut décider d’émettre 2 millions de BTC supplémentaires pour relancer l’économie ou sauver un système bancaire.

Cette rigidité a deux visages. Certains y voient une protection contre la dévaluation monétaire - votre bitcoin de 2026 représente la même fraction de l’offre totale que votre bitcoin de 2016. D’autres pointent le risque déflationniste : si le prix monte trop vite, les gens thésaurisent au lieu de dépenser, ce qui freine l’utilisation du bitcoin comme monnaie d’échange.

Bitcoin contre or : deux raretés, deux logiques

L’or sert de référence historique pour penser la rareté. Environ 212 000 tonnes d’or ont été extraites au cours de l’histoire humaine. Chaque année, 3 000 tonnes supplémentaires sortent des mines. Le stock augmente de 1,5 % par an - un rythme faible mais continu. L’offre d’or n’est pas fixe.

Bitcoin suit une trajectoire différente. L’émission de nouveaux BTC ralentit tous les quatre ans. En 2024, le taux d’inflation de Bitcoin est tombé à environ 0,8 % par an après le halving. D’ici 2032, il sera inférieur à 0,2 %. Après 2140, le taux sera de 0 %.

L’or reste rare parce qu’il est coûteux à extraire et que les réserves terrestres sont limitées. Bitcoin est rare par construction logicielle. Si demain une nouvelle technologie permettait d’extraire l’or des astéroïdes, l’offre exploserait. Aucune technologie ne peut créer plus de 21 millions de BTC - la limite est mathématique.

Pour en savoir plus sur cette comparaison, consultez notre guide détaillé Bitcoin vs or.

Le satoshi : la plus petite unité de compte

Un bitcoin se divise en 100 millions de sous-unités appelées satoshis (en hommage à Satoshi Nakamoto). C’est la plus petite dénomination inscrite dans le protocole. Un satoshi = 0,00000001 BTC.

Cette divisibilité résout un problème pratique. Si Bitcoin continue à prendre de la valeur et qu’un BTC atteint 500 000 EUR ou 1 million EUR, acheter un bitcoin entier devient inaccessible pour la majorité. Mais acheter 10 000 satoshis (0,0001 BTC) reste abordable. Le bitcoin n’est pas une pièce indivisible comme un billet de banque - c’est un nombre dans un registre numérique.

Le Lightning Network, la couche de paiement rapide construite sur Bitcoin, permet même de transférer des fractions de satoshi (millièmes de satoshi) pour des micro-paiements. Sur cette couche, la divisibilité théorique s’étend encore. Pour découvrir comment utiliser Lightning, lisez notre guide Payer en Bitcoin avec Lightning.

UnitéÉquivalent BTCSatoshis
1 BTC1100 000 000
1 millibitcoin (mBTC)0,001100 000
1 microbitcoin (µBTC)0,000001100
1 satoshi0,000000011

Cette divisibilité change la perception de la rareté. Certes, il n’existera que 21 millions de BTC. Mais il existera 2,1 quadrillions de satoshis - assez pour servir de monnaie d’échange à l’échelle planétaire si Bitcoin devenait un standard.

Les autres cryptomonnaies et leur politique monétaire

Bitcoin a introduit le concept de limite fixe. D’autres projets ont fait des choix différents.

Ethereum (ETH) n’a pas de plafond défini. Environ 120 millions d’ETH circulent en 2026. Le protocole émet environ 1 600 ETH par jour via le staking (Ethereum est passé de la preuve de travail à la preuve d’enjeu en 2022). Mais Ethereum brûle aussi des frais de transaction (mécanisme EIP-1559). Selon les périodes, l’offre peut devenir déflationniste si plus d’ETH sont brûlés qu’émis.

Litecoin (LTC) copie le modèle Bitcoin : 84 millions de LTC maximum, halvings tous les 840 000 blocs. C’est quatre fois le nombre de bitcoins, avec des blocs créés quatre fois plus vite.

Dogecoin (DOGE) n’a pas de limite. Environ 10 000 nouveaux DOGE sont créés chaque minute, soit 5,2 milliards par an. L’inflation est perpétuelle, ce qui en fait une monnaie conçue pour circuler, pas pour être thésaurisée.

Monero (XMR) plafonne son émission initiale à 18,4 millions de XMR, puis passe à une émission perpétuelle de 0,6 XMR par bloc (environ 157 680 XMR par an) pour rémunérer les mineurs indéfiniment.

Chaque choix reflète une philosophie. Bitcoin privilégie la rareté absolue et la prévisibilité. Ethereum mise sur la flexibilité. Dogecoin assume l’inflation permanente. Aucun modèle n’est intrinsèquement supérieur - tout dépend de l’usage et des valeurs portées par chaque réseau.

Que se passe-t-il après le dernier bitcoin

Le dernier satoshi sera créé aux alentours de 2140. Ce jour-là, la récompense de bloc tombera à zéro. Les mineurs ne recevront plus de nouveaux BTC pour valider les blocs. Leur seule source de revenus sera les frais de transaction payés par les utilisateurs.

Ce modèle fonctionne-t-il ? Aujourd’hui, les frais représentent entre 1 % et 15 % des revenus des mineurs selon la congestion du réseau. Si Bitcoin devient un système de paiement massivement adopté, des millions de transactions circuleront chaque jour. Les frais cumulés pourraient compenser la disparition de la récompense. Si l’usage stagne, la sécurité du réseau pourrait en souffrir - moins de mineurs, moins de puissance de calcul, plus de risque d’attaque à 51 %.

Le sujet divise. Certains parient sur l’adoption massive et sur des couches secondaires comme Lightning qui permettent des transactions quasi-gratuites tout en ancrant périodiquement des transactions groupées sur la blockchain principale. D’autres proposent des ajustements du protocole pour garantir une émission minimale perpétuelle. Mais modifier ce mécanisme revient à toucher au dogme de 21 millions - un débat qui ne se résoudra pas avant plusieurs décennies.

IMPORTANT

Après 2140, les mineurs dépendront uniquement des frais de transaction. La sécurité du réseau reposera sur un volume d’usage suffisant. C’est un pari sur l’adoption à long terme.

Les idées fausses sur le nombre de bitcoins

“On peut créer plus de 21 millions si tout le monde est d’accord.” Techniquement oui, mais politiquement impossible. Une telle modification détruirait la confiance dans Bitcoin. Le réseau se diviserait, et la version modifiée perdrait sa valeur. Aucun acteur rationnel n’a intérêt à forcer ce changement.

“Les bitcoins perdus sont récupérables.” Non. Si vous perdez vos clés privées, personne ne peut accéder à vos BTC. Pas de service client, pas de procédure de récupération. Les bitcoins existent toujours sur la blockchain, mais ils sont figés pour toujours.

“Bitcoin va manquer d’unités et devenir inutilisable.” Faux. Grâce à la divisibilité en satoshis (100 millions par BTC), le réseau peut gérer des micro-paiements même si un BTC atteint des prix extrêmes. La rareté ne bloque pas l’usage.

“Les mineurs vont arrêter après le dernier halving.” Pas forcément. Si le cours du bitcoin monte, la rentabilité du minage peut rester positive même avec une récompense plus faible. Les mineurs s’adaptent - certains sortent, d’autres investissent dans du matériel plus efficace. Le réseau s’auto-régule.

“Bitcoin est un système pyramidal parce que l’offre est limitée.” Non. Un système pyramidal redistribue l’argent des nouveaux entrants vers les anciens sans créer de valeur. Bitcoin est un protocole de transfert de valeur. Son prix dépend de l’offre et de la demande sur un marché ouvert. Rien n’oblige à acheter, rien ne promet de rendement garanti.

La limite de 21 millions n’est pas un artifice marketing. C’est un mécanisme technique qui définit la politique monétaire de Bitcoin. Cette rareté programmatique, combinée à la décentralisation du réseau, fait de Bitcoin un actif sans équivalent dans l’histoire économique. Comprendre ce nombre, c’est comprendre pourquoi Bitcoin continue d’exister 17 ans après sa création.

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Cryptus

Fondateur de CryptoSous. Investisseur crypto depuis 2017, il écrit des guides pratiques depuis 2019.

Cet article est publie a titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute decision financiere.