Le bitcoin est souvent présenté comme un rempart contre l’inflation. L’offre limitée à 21 millions d’unités, l’indépendance vis-à-vis des banques centrales, la rareté programmée - tous ces arguments plaident pour un actif qui devrait conserver sa valeur quand les monnaies fiduciaires se déprécient. La théorie est séduisante. Les données historiques racontent une histoire plus nuancée.
Entre 2020 et 2021, l’inflation américaine est passée de 1,2 % à 7 %, culminant à 9,1 % en juin 2022. Pendant cette période, le bitcoin a connu des mouvements spectaculaires : +305 % en 2020, +60 % en 2021, puis -65 % en 2022. Même chronologie, réactions opposées. En 2024 et 2025, l’inflation s’est stabilisée autour de 3 % aux États-Unis. Le BTC a d’abord grimpé à 125 000 dollars avant de chuter à 65 000 dollars début 2026 - une baisse de 48 % sans changement majeur du contexte inflationniste.
Cette volatilité pose la question centrale : le bitcoin est-il une protection contre l’inflation ou un actif spéculatif dont le cours dépend d’autres facteurs ?
Bitcoin face à l’inflation : ce que montrent les chiffres
La relation entre bitcoin et inflation n’est pas mécanique. Sur certaines périodes, les deux évoluent ensemble. Sur d’autres, ils divergent totalement.
Performance du bitcoin pendant les phases d’inflation élevée
Entre janvier 2020 et décembre 2022, l’inflation américaine moyenne s’est établie à 4,9 % par an. Le bitcoin a progressé de 66 % sur cette période de trois ans. En apparence, il a surperformé l’inflation. Mais cette moyenne cache deux réalités opposées :
- 2020-2021 : le BTC passe de 7 200 à 47 000 dollars (+553 %), pendant que l’inflation monte de 1,2 % à 7 %
- 2022 : le BTC chute à 16 500 dollars (-65 %), alors que l’inflation atteint son pic à 9,1 %
L’or, lui, a progressé de 15 % entre janvier 2020 et décembre 2022. Moins spectaculaire, mais aussi moins brutal. L’or a joué son rôle de valeur refuge. Le bitcoin a amplifié les mouvements du marché dans les deux sens.
NOTE
Le bitcoin réagit davantage aux cycles de liquidité qu’à l’inflation elle-même. Quand les banques centrales injectent des liquidités (2020-2021), le BTC monte. Quand elles resserrent la masse monétaire (2022-2023), il chute.
Le ratio masse monétaire / prix du bitcoin
La masse monétaire M2 aux États-Unis est passée de 15 400 milliards de dollars en janvier 2020 à 21 700 milliards en avril 2022 - une augmentation de 41 % en deux ans. Cette injection massive de liquidités a coïncidé avec la hausse du bitcoin jusqu’en novembre 2021.
Depuis 2022, la Fed a réduit son bilan de 9 000 milliards à 7 000 milliards de dollars. La masse monétaire M2 a reculé à environ 21 000 milliards fin 2023. Le bitcoin a chuté pendant cette période, puis a repris sa hausse en 2024 quand les anticipations de baisse des taux d’intérêt sont revenues.
Ce schéma se répète : le bitcoin monte quand les conditions monétaires se relâchent, indépendamment du niveau d’inflation. Il baisse quand les taux remontent, même si l’inflation reste élevée. La corrélation n’est pas avec l’inflation, mais avec la politique monétaire et la liquidité disponible sur les marchés.
Pourquoi Bitcoin devrait être un hedge - la thèse théorique
L’argument en faveur du bitcoin comme couverture contre l’inflation repose sur trois piliers : l’offre limitée, la décentralisation et la programmabilité.
Offre fixe et halving
Le protocole Bitcoin limite la création à 21 millions d’unités. Environ 19,8 millions de BTC circulent déjà. Chaque halving - le dernier en avril 2024 - divise par deux la récompense des mineurs. Aujourd’hui, 450 BTC sont créés par jour. Après le prochain halving en 2028, ce sera 225 BTC par jour.
Cette rareté programmée contraste avec les monnaies fiduciaires. L’euro en circulation est passé de 1 200 milliards en 2008 à 1 600 milliards en 2023. Le dollar américain a vu sa masse M2 croître de 50 % entre 2008 et 2020, puis bondir de 41 % supplémentaires entre 2020 et 2022. Le bitcoin, lui, ne connaît pas d’expansion monétaire discrétionnaire.
Indépendance vis-à-vis des banques centrales
Aucune institution ne contrôle Bitcoin. Pas de politique monétaire, pas d’ajustement des taux, pas de quantitative easing. Le réseau fonctionne selon des règles mathématiques inscrites dans le code. Cette indépendance devrait en théorie protéger les détenteurs contre les décisions inflationnistes des gouvernements.
En pratique, cette indépendance n’empêche pas le cours du bitcoin de réagir violemment aux décisions des banques centrales. Quand Jerome Powell annonce une hausse de 75 points de base des taux directeurs, le BTC chute en quelques heures. Indépendance du protocole ne signifie pas indépendance du prix.
TIP
Bitcoin est un actif sans contrepartie. Vous n’avez besoin de faire confiance à aucune institution pour que vos BTC conservent leur existence. Mais leur prix dépend de la demande, et la demande réagit au contexte macro-économique.
La narrative de “l’or numérique”
L’or a servi de réserve de valeur pendant des millénaires. Bitcoin emprunte cette narrative : divisible, portable, impossible à contrefaire, et rare. Certains analystes parlent de “digital gold”. La capitalisation du marché de l’or dépasse 15 000 milliards de dollars. Celle du bitcoin oscille entre 1 000 et 2 500 milliards selon les phases du cycle. Si le bitcoin capte une partie de la demande d’or, son potentiel de hausse est conséquent.
Mais l’or a 5 000 ans d’histoire comme valeur refuge. Le bitcoin a 16 ans. L’or ne perd pas 65 % de sa valeur en un an. Le bitcoin, si.
Les limites de Bitcoin comme protection contre l’inflation
La thèse du hedge se heurte à plusieurs réalités de marché.
Volatilité élevée à court et moyen terme
Le bitcoin a perdu 73 % de sa valeur entre novembre 2021 et novembre 2022. Une baisse de 50 % en quelques semaines n’est pas rare. L’or, sur la même période, a oscillé entre +5 % et -5 %. Si vous cherchez une couverture contre la dépréciation de votre pouvoir d’achat, un actif qui peut perdre la moitié de sa valeur en trois mois ne répond pas au cahier des charges.
L’indice de volatilité à 30 jours du bitcoin se situe entre 40 % et 80 % selon les phases. Celui de l’or tourne autour de 12 %. Même les actions - considérées comme volatiles - affichent une volatilité annuelle de 15 à 20 % pour le S&P 500. Le bitcoin est deux à quatre fois plus volatil.
Corrélation avec les actifs risqués
Entre 2022 et 2024, la corrélation entre le bitcoin et le Nasdaq a souvent dépassé 0,80. Quand les tech stocks montent, le BTC monte. Quand ils chutent, le BTC chute plus fort. Cette corrélation transforme le bitcoin en actif “risk-on” : les investisseurs l’achètent quand l’appétit pour le risque est élevé, et le vendent en premier quand la prudence revient.
En janvier 2026, cette corrélation est retombée à 0,18 - son plus bas niveau depuis octobre 2025. Mais cette décorrélation ponctuelle ne change pas le constat global : sur les trois dernières années, le bitcoin s’est comporté comme une action tech à haute volatilité, pas comme une valeur refuge.
WARNING
Si vous cherchez une couverture contre l’inflation à court terme (horizon 1 à 2 ans), le bitcoin n’est pas adapté. Sa volatilité peut amplifier vos pertes au lieu de les réduire.
Le temps nécessaire pour que la thèse se réalise
Anthony Pompliano, analyste et investisseur crypto, défend l’idée que le bitcoin est une couverture sur le long terme. “Bitcoin protège contre l’inflation sur des horizons de 4 ans ou plus”, explique-t-il. Les chiffres lui donnent partiellement raison : un investisseur qui a acheté du BTC en 2018 et tenu jusqu’en 2024 a vu son capital multiplié par sept, bien au-delà de l’inflation cumulée sur cette période.
Mais combien d’investisseurs tiennent pendant quatre ans sans vendre lors des corrections de 50 % ? La protection théorique ne sert que si vous avez la capacité psychologique et financière de traverser les crises.
Bitcoin vs or : deux approches de la couverture
L’or reste la référence historique pour se protéger contre l’inflation. Comment se compare-t-il au bitcoin ?
| Critère | Or | Bitcoin |
|---|---|---|
| Capitalisation | 15 000 milliards $ | 1 300 milliards $ (fév. 2026) |
| Volatilité annuelle | 12 % | 60 % |
| Rendement 2020-2025 | +60 % | +400 % |
| Adoption institutionnelle | Universelle | En croissance |
| Stockage | Physique ou papier | Clés privées ou ETF |
| Liquidité | Élevée | Élevée |
L’or a progressé de 64 % en 2025, pendant que le bitcoin reculait de 20 %. Mais sur cinq ans (2020-2025), le BTC surperforme largement. La différence réside dans l’horizon de temps et la tolérance au risque.
Complémentarité plutôt que substitution
Certains investisseurs allouent une part de leur portefeuille à l’or (5 à 10 %) et une part au bitcoin (1 à 5 %). Cette approche combine la stabilité de l’or et le potentiel de hausse du bitcoin. Les deux actifs ne réagissent pas toujours de la même façon aux chocs économiques.
En 2022, quand le bitcoin chutait de 65 %, l’or perdait seulement 0,3 %. En 2020, quand le bitcoin grimpait de 305 %, l’or progressait de 25 %. La complémentarité existe, mais elle ne garantit rien - parfois, les deux baissent ensemble.
IMPORTANT
L’or protège contre l’inflation à court terme. Le bitcoin offre un potentiel de hausse supérieur sur le long terme, mais au prix d’une volatilité beaucoup plus élevée.
Allocation recommandée pour se couvrir contre l’inflation
Intégrer le bitcoin dans une stratégie de couverture contre l’inflation demande de calibrer son exposition en fonction de son profil.
1 à 3 % : allocation défensive
Pour un investisseur qui cherche avant tout à préserver son capital, une allocation de 1 à 3 % en bitcoin reste marginale. Si le BTC perd 50 % de sa valeur, l’impact sur le portefeuille global est limité à -0,5 % ou -1,5 %. Si le BTC triple, le gain total est de +3 % à +9 %.
Cette approche convient aux profils prudents qui veulent tester la thèse du bitcoin sans prendre de risque majeur. L’or occupe une part plus importante (5 à 10 %), et les obligations indexées sur l’inflation complètent la protection.
5 à 10 % : allocation équilibrée
Fidelity Digital Assets recommande une allocation de 2 à 5 %, extensible jusqu’à 10 % pour les profils plus offensifs. Leur étude montre qu’une allocation de 5 % en bitcoin améliore le ratio rendement/risque d’un portefeuille 60/40 (60 % actions, 40 % obligations) sur des horizons de 5 ans ou plus.
Cette fourchette convient aux investisseurs qui croient à l’adoption croissante du bitcoin et acceptent de subir des phases de baisse importantes. Le reste du portefeuille (90 à 95 %) reste diversifié entre actions, obligations et or.
15 à 20 % : allocation agressive
ARK Invest calcule une allocation optimale de 19,4 % pour maximiser le ratio de Sharpe (rendement ajusté du risque). Ce chiffre suppose une conviction forte sur la thèse du bitcoin et une capacité à tenir pendant les corrections.
Peu d’investisseurs particuliers supportent 20 % de leur patrimoine en bitcoin. Une baisse de 50 % du BTC se traduit par une perte de 10 % sur le portefeuille global. À réserver aux profils très offensifs, avec un horizon de 10 ans minimum.
Les ETF Bitcoin comme outil de couverture
Depuis janvier 2024, les ETF Bitcoin spot aux États-Unis offrent un accès simplifié à l’actif. IBIT (iShares), FBTC (Fidelity) et ARKB (ARK 21Shares) détiennent au total plus de 90 milliards de dollars d’actifs sous gestion.
Avantages des ETF pour la couverture
Les ETF permettent d’acheter du bitcoin via un compte-titres classique. Pas besoin de gérer des clés privées ni de transférer des fonds vers une plateforme crypto. La fiscalité est simplifiée : les plus-values suivent le régime du PFU (30 % en France), comme pour les actions.
Pour un investisseur qui veut allouer 5 % de son portefeuille au bitcoin, passer par un ETF évite les contraintes techniques. Les frais de gestion sont de 0,20 % à 0,25 % par an - négligeables comparés à la volatilité du BTC.
Limites des ETF
Vous ne détenez pas directement les bitcoins. Vous possédez des parts d’un fonds qui détient les BTC pour vous. En cas de faillite de l’émetteur ou de piratage du dépositaire, vos parts peuvent être affectées. Ce risque reste faible, mais il existe.
Les ETF européens ne sont pas encore disponibles. Les investisseurs européens peuvent accéder à des ETN (Exchange-Traded Notes), mais ces produits sont des dettes de l’émetteur - la protection est moindre.
TIP
Si votre objectif est de simplifier la gestion et la fiscalité, un ETF Bitcoin convient. Si vous cherchez la souveraineté totale sur vos actifs, l’achat direct avec stockage en hardware wallet reste la méthode de référence.
Impact des politiques monétaires sur le bitcoin
Le comportement du bitcoin dépend en grande partie des décisions des banques centrales. Comprendre ce lien aide à anticiper les mouvements de prix.
Taux d’intérêt et bitcoin
Quand les taux montent, les obligations et les comptes d’épargne redeviennent attractifs. L’argent quitte les actifs risqués - actions, crypto - pour se réfugier sur des placements garantis. C’est ce qui s’est passé en 2022 : la Fed a relevé ses taux de 0 % à 4,5 % en un an. Le bitcoin a perdu 65 %.
À l’inverse, quand les taux baissent, l’épargne ne rapporte plus rien. Les investisseurs cherchent du rendement ailleurs. Le bitcoin profite de ce flux de capitaux. Entre 2020 et 2021, les taux américains étaient proches de zéro. Le BTC a explosé.
Quantitative easing et bitcoin
Le QE (assouplissement quantitatif) consiste pour une banque centrale à acheter des obligations sur le marché pour injecter de la liquidité. La masse monétaire augmente, les taux baissent, les actifs risqués montent. Le bitcoin réagit fortement au QE.
Entre 2020 et 2021, la Fed a injecté plus de 4 000 milliards de dollars via son programme de rachat d’actifs. Le BTC est passé de 7 200 à 69 000 dollars. En 2022 et 2023, la Fed a réduit son bilan de 9 000 à 7 000 milliards. Le BTC a chuté puis stagné.
Inflation réelle vs inflation monétaire
Une confusion fréquente oppose deux types d’inflation : l’inflation des prix à la consommation (CPI) et l’inflation de la masse monétaire.
Inflation des prix (CPI)
L’indice CPI mesure l’évolution du coût de la vie : alimentation, logement, énergie, santé. En France, l’inflation CPI a atteint 5,9 % en 2022, puis 4,9 % en 2023, avant de redescendre à 2,3 % en 2024. C’est cette inflation que vous ressentez quand vous faites vos courses.
Le bitcoin ne corrèle pas mécaniquement avec le CPI. En 2022, l’inflation CPI a culminé, mais le BTC a chuté. En 2024, l’inflation CPI a baissé, et le BTC a grimpé à 125 000 dollars. La relation n’est pas directe.
Inflation monétaire (M2)
L’inflation monétaire désigne l’augmentation de la masse monétaire en circulation. Quand les banques centrales créent de la monnaie, M2 augmente. Cette inflation précède souvent l’inflation des prix de plusieurs mois.
Le bitcoin réagit mieux à l’inflation monétaire qu’à l’inflation des prix. Quand M2 explose (2020-2021), le BTC suit. Quand M2 se contracte (2022-2023), le BTC baisse. C’est un actif sensible à la liquidité globale, pas au coût du panier de la ménagère.
NOTE
Bitcoin protège contre la dévaluation monétaire à long terme (dilution de M2), pas contre l’inflation des prix à court terme (hausse du CPI). Nuance importante pour comprendre son rôle dans un portefeuille.
Stratégies pour utiliser Bitcoin comme couverture
Si vous décidez d’intégrer le bitcoin dans une stratégie de protection contre l’inflation, quelques approches fonctionnent mieux que d’autres.
DCA sur plusieurs années
Le DCA (Dollar-Cost Averaging) consiste à acheter un montant fixe de bitcoin chaque mois, indépendamment du cours. Cette méthode lisse votre prix d’achat et réduit l’impact de la volatilité.
Exemple : 200 euros par mois pendant 5 ans. Vous investissez 12 000 euros au total. Si le bitcoin suit son cycle habituel (hausse, correction, reprise), votre prix d’achat moyen sera inférieur au prix des sommets. Le DCA fonctionne sur le long terme, pas sur six mois.
Rééquilibrage annuel
Si vous allouez 5 % de votre portefeuille au bitcoin, le cours peut faire monter cette part à 8 % ou la faire chuter à 2 %. Un rééquilibrage annuel consiste à vendre ou acheter du BTC pour revenir à 5 %.
Cette discipline force à vendre quand le bitcoin monte (prendre des profits) et à acheter quand il baisse (profiter des corrections). Le rééquilibrage améliore le rendement ajusté du risque sur le long terme.
Combiner bitcoin et or
Une allocation mixte - 3 % bitcoin, 7 % or - offre une protection hybride. L’or absorbe les chocs à court terme. Le bitcoin capture les gains à long terme. Cette combinaison réduit la volatilité globale du portefeuille tout en conservant une exposition à l’or numérique.
Ce que disent les données sur le long terme
Sur des horizons de 5 ans ou plus, le bitcoin a surperformé l’inflation dans presque tous les scénarios. Mais cette surperformance s’accompagne de phases de sous-performance brutales.
| Période | Inflation cumulée (USA) | Performance BTC | Performance or |
|---|---|---|---|
| 2015-2020 | +9 % | +3 500 % | +45 % |
| 2020-2025 | +22 % | +400 % | +60 % |
Un dollar investi en bitcoin en janvier 2015 valait environ 250 dollars en janvier 2025. Le même dollar placé en or valait 1,90 dollar. L’inflation cumulée sur cette période était d’environ 32 %. Le bitcoin a largement battu l’inflation. L’or aussi, mais dans des proportions moindres.
Le problème : un investisseur qui a acheté du BTC en novembre 2021 (69 000 dollars) a attendu presque trois ans pour retrouver son capital. Pendant ce temps, l’inflation a continué d’éroder son pouvoir d’achat. La protection n’a fonctionné qu’en sortie de baisse, pas pendant.
Risques spécifiques à considérer
Utiliser le bitcoin comme couverture contre l’inflation expose à plusieurs risques qu’une allocation traditionnelle en or ou obligations indexées ne présente pas.
Risque réglementaire
Les gouvernements peuvent restreindre l’accès aux cryptomonnaies. En Chine, le minage et le trading de bitcoin sont interdits depuis 2021. En Europe, le règlement MiCA impose des contraintes aux plateformes et aux stablecoins. Aux États-Unis, les débats sur la réglementation des cryptos reviennent à chaque changement d’administration.
Un durcissement réglementaire peut provoquer une baisse rapide du cours. Les investisseurs qui cherchent une couverture contre l’inflation doivent intégrer ce risque politique dans leur calcul.
Risque technologique
Le protocole Bitcoin est robuste, mais pas infaillible. Une faille de sécurité majeure, une attaque à 51 % du réseau, ou l’émergence d’un ordinateur quantique capable de casser les clés privées pourrait théoriquement menacer le système. Ces risques sont faibles, mais non nuls.
Risque de perte de clés
Si vous détenez vos bitcoins en direct (hardware wallet), la perte de votre seed phrase signifie la perte définitive de vos fonds. On estime que 3 à 4 millions de BTC sont perdus pour toujours. Ce risque n’existe pas avec l’or physique ni avec les ETF.
CAUTION
Ne placez jamais dans le bitcoin un capital que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre. Une baisse de 70 % reste possible, même si elle est suivie d’une reprise ultérieure.
Perspectives 2026-2028 : inflation et bitcoin
Les prévisions économiques pour 2026-2028 donnent quelques indices sur l’environnement dans lequel le bitcoin évoluera.
Scénario central : inflation stable autour de 2-3 %
Les banques centrales visent un retour à une inflation de 2 % à moyen terme. Si ce scénario se réalise, le bitcoin pourrait bénéficier d’un environnement favorable : taux d’intérêt en baisse progressive, liquidité en augmentation, et pas de pression déflationniste.
Dans ce contexte, le prochain halving de 2028 pourrait relancer un cycle haussier. Historiquement, chaque halving a été suivi d’une hausse importante du cours 12 à 18 mois plus tard. Si ce pattern se répète, 2029-2030 pourraient voir de nouveaux records.
Scénario pessimiste : résurgence de l’inflation
Si l’inflation repart à la hausse (au-delà de 5 %), les banques centrales devront remonter les taux. Un resserrement monétaire brutal pénaliserait les actifs risqués, bitcoin en tête. Ce scénario s’est déjà produit en 2022.
Dans ce cas, l’or surperformerait probablement le bitcoin à court terme. Mais sur le long terme, une inflation persistante renforcerait la narrative du bitcoin comme protection contre la dilution monétaire.
Scénario optimiste : adoption institutionnelle massive
Si les États et les grandes institutions continuent d’accumuler du bitcoin (comme Strategy ou BlackRock), la demande pourrait dépasser durablement l’offre disponible. Le halving de 2028 réduira la production quotidienne à 225 BTC. Si la demande institutionnelle absorbe cette production, le cours pourrait exploser.
Certains analystes parlent de 500 000 dollars par BTC d’ici 2030. D’autres évoquent 1 million de dollars. Ces chiffres restent spéculatifs, mais ils illustrent le potentiel de hausse si la thèse de l’or numérique se concrétise.
Guides complémentaires
Pour aller plus loin sur les stratégies d’investissement et la gestion du risque :
- Stratégie DCA Bitcoin - mettre en place un plan d’achat régulier
- Cycles du Bitcoin - comprendre les phases de hausse et de baisse
- Bitcoin vs or - comparaison détaillée entre les deux actifs refuges
- ETF Bitcoin - investir via les ETF et ETN
- Fiscalité Bitcoin en France - obligations déclaratives et calcul des plus-values