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Avis neutre 11 min de lecture

Kaspa (KAS) : notre avis sur le Proof of Work nouvelle génération

Découvrez notre avis détaillé sur Kaspa (KAS) : protocole GHOSTDAG, BlockDAG, minage et perspectives d'investissement.

Kaspa (KAS) : notre avis sur le Proof of Work nouvelle génération

Qu’est-ce que Kaspa ?

Kaspa est une cryptomonnaie de couche 1 (layer 1) basée sur le Proof of Work, lancée le 7 novembre 2021 avec un fair launch - sans premine, sans allocation privée, sans fonds de trésorerie. Le projet est né des travaux académiques de Yonatan Sompolinsky, chercheur à l’Université hébraïque de Jérusalem, qui a co-écrit le protocole GHOSTDAG avec Aviv Zohar dès 2016.

L’idée de départ part d’un constat simple : les blockchains classiques comme Bitcoin imposent une chaîne linéaire de blocs, où chaque bloc a un seul parent et un seul enfant. Si deux mineurs trouvent un bloc au même moment, l’un est orphelisé et jeté. Cette contrainte limite le débit : pour éviter trop de blocs orphelins, Bitcoin produit un bloc toutes les 10 minutes. Kaspa casse cette logique linéaire en adoptant une structure en BlockDAG (Directed Acyclic Graph), où plusieurs blocs peuvent coexister en parallèle sans qu’aucun ne soit écarté.

Le token natif, KAS, sert à payer les frais de transaction sur le réseau et à rémunérer les mineurs. Le supply maximal est plafonné à environ 28,7 milliards de KAS, avec une émission qui suit un mécanisme de réduction lissée (pas de halving brutal comme Bitcoin, mais une décroissance mensuelle régulière). En circulation, on compte environ 27,2 milliards de KAS, ce qui signifie que la très grande majorité des tokens a déjà été émise.

En termes de capitalisation, KAS se situe autour de 2 à 4 milliards d’euros selon les conditions de marché, ce qui le place dans le top 30-50 des cryptomonnaies. Un positionnement modeste comparé aux géants du secteur, mais qui attire une communauté grandissante de mineurs et d’investisseurs séduits par la philosophie du fair launch et l’architecture technique originale.

NOTE

Yonatan Sompolinsky a publié le papier de recherche PHANTOM/GHOSTDAG en 2016, bien avant la création de Kaspa. Ce protocole a été cité dans la communauté Bitcoin comme une solution potentielle au trilemme de la scalabilité. Kaspa est la première implémentation concrète de ce travail académique en réseau de production.

Comment fonctionne Kaspa ?

Le protocole GHOSTDAG : au-dela de la chaîne linéaire

Le coeur technique de Kaspa repose sur GHOSTDAG (Greedy Heaviest-Observed Sub-DAG). Pour comprendre l’apport de ce protocole, il faut revenir au problème que Bitcoin résout de manière volontairement lente.

Dans une blockchain classique, quand deux mineurs trouvent un bloc au même instant, le réseau doit choisir lequel garder. L’autre est abandonné (bloc orphelin). Pour minimiser ces conflits, Bitcoin espace les blocs de 10 minutes - assez de temps pour que chaque nouveau bloc se propage à tout le réseau avant que le suivant ne soit miné.

GHOSTDAG change la règle du jeu : au lieu d’éliminer les blocs concurrents, il les intègre tous dans un graphe orienté acyclique (DAG). Chaque bloc peut référencer plusieurs blocs parents. Le protocole trie ensuite ces blocs parallèles en distinguant les blocs “honnêtes” (la majorité) des blocs potentiellement malveillants, puis établit un ordre total des transactions. Le résultat : on peut produire des blocs beaucoup plus vite sans craindre les conflits, parce que les blocs simultanés ne sont plus en compétition - ils sont complémentaires.

BlockDAG vs blockchain : la différence structurelle

La différence entre une blockchain et un BlockDAG est une question de structure de données. Une blockchain forme une chaîne : un bloc pointe vers un seul bloc précédent, et un seul bloc peut le suivre. Un BlockDAG forme un graphe : chaque bloc peut pointer vers plusieurs parents, et plusieurs blocs peuvent être produits simultanément.

En pratique, cette architecture permet la parallélisation du minage. Plusieurs mineurs peuvent soumettre des blocs valides en même temps, et le réseau les accepte tous. Le protocole de consensus (GHOSTDAG) se charge d’ordonner les transactions a posteriori pour éviter les doubles dépenses.

Le réseau Kaspa a démarré à 1 bloc par seconde (1 BPS) en 2021. Depuis, le débit a progressé vers 10 blocs par seconde (10 BPS), et la feuille de route prévoit d’aller encore plus loin avec 32 BPS. Chaque bloc est petit et rapide à propager, ce qui maintient la décentralisation du réseau même avec un rythme de production élevé.

MétriqueBitcoinKaspa (10 BPS)
Blocs par seconde~0,0017 (1 bloc / 10 min)10
Temps de confirmation~60 min (6 confirmations)~10 secondes
StructureChaîne linéaireBlockDAG
ConsensusNakamoto PoWGHOSTDAG PoW
Blocs parallèlesRejetés (orphelins)Intégrés dans le DAG

TIP

A 10 BPS, une transaction Kaspa atteint une première confirmation en environ 1 seconde et une confirmation probabiliste solide en 10 secondes. C’est comparable aux blockchains Proof of Stake les plus rapides, mais avec la sécurité du Proof of Work.

kHeavyHash : l’algorithme de minage

Kaspa utilise un algorithme de hachage propriétaire appelé kHeavyHash, conçu pour être compatible avec le minage par ASIC. Ce choix est volontaire : l’équipe considère que les ASIC apportent plus de sécurité au réseau en rendant les attaques 51% plus coûteuses. Bitmain, IceRiver et d’autres fabricants ont développé des ASIC dédiés à Kaspa, ce qui a fortement augmenté le hashrate du réseau depuis 2023.

L’algorithme kHeavyHash implique une multiplication matricielle lourde en plus du hachage classique, d’où son nom. Cette opération le distingue du SHA-256 de Bitcoin et le rend spécifique au matériel Kaspa.

DAGKnight : la prochaine étape

DAGKnight est l’évolution prévue du protocole de consensus de Kaspa. Là où GHOSTDAG nécessite de fixer un paramètre k (le nombre maximal de blocs parallèles tolérés), DAGKnight s’adapte automatiquement aux conditions du réseau. Ce protocole, aussi développé par Yonatan Sompolinsky, est le premier mécanisme de consensus capable de s’ajuster en temps réel à la latence du réseau sans paramètre prédéfini. Son intégration est en cours de développement.

IMPORTANT

Le passage de GHOSTDAG à DAGKnight représente une avancée technique majeure. DAGKnight est le premier protocole de consensus Proof of Work qui n’a pas besoin de connaître la latence du réseau à l’avance pour garantir la sécurité. Il s’adapte dynamiquement, ce qui renforce la résilience face aux variations de connectivité.

L’écosystème Kaspa

Un écosystème encore jeune

L’écosystème de Kaspa est aujourd’hui centré sur le transfert de valeur et le minage. Contrairement à Ethereum ou Solana, Kaspa n’a pas encore de smart contracts programmables sur sa couche principale. Le réseau traite des transactions simples : envoyer et recevoir du KAS.

Ce choix est assumé par la communauté : la priorité a été mise sur la solidité de la couche de base (layer 1) avant d’ajouter de la complexité. La feuille de route inclut des smart contracts via un système appelé vProgs, mais leur implémentation n’est pas encore en production.

Minage et communauté

Le minage de Kaspa est devenu une activité significative. L’arrivée des ASIC (notamment les IceRiver KS0, KS1, KS2 et KS3, puis les modèles Bitmain) a transformé le profil des mineurs. Le hashrate du réseau a explosé, passant de quelques terahash à plusieurs petahash en moins de deux ans.

La communauté Kaspa est principalement composée de mineurs, de développeurs bénévoles et d’investisseurs attirés par le fair launch. Il n’y a pas de fondation avec un trésor de guerre, pas de VC (venture capital) avec des tokens verrouillés. Le développement est financé par des dons communautaires et le travail bénévole.

Portefeuilles et disponibilité

Le portefeuille officiel de Kaspa est disponible sur Windows, macOS, Linux et même Raspberry Pi. Des portefeuilles tiers comme Tangem (hardware wallet sous forme de carte NFC) supportent aussi KAS. Le token est listé sur plusieurs exchanges dont KuCoin, MEXC, Gate.io et ByBit. L’absence de listing sur Coinbase et Binance spot reste un point d’attente pour la communauté - un listing sur ces plateformes majeures pourrait augmenter la visibilité et la liquidité du token.

Points forts de Kaspa

Bases académiques solides. Le protocole GHOSTDAG n’est pas sorti de nulle part. Il est le fruit de plus de cinq ans de recherche publiée et relue par des pairs. Yonatan Sompolinsky est reconnu dans le milieu académique de la cryptographie et des systèmes distribués. Cette rigueur scientifique donne au projet une crédibilité technique que beaucoup de cryptomonnaies n’ont pas.

Fair launch authentique. Pas de premine, pas d’ICO, pas de tokens réservés aux fondateurs ou aux investisseurs privés. La distribution de KAS est passée exclusivement par le minage, comme Bitcoin à ses débuts. Ce modèle élimine les conflits d’intérêts entre les insiders et les acheteurs sur le marché.

Performance sans compromis sur la décentralisation. Le BlockDAG permet des confirmations rapides (10 secondes) tout en maintenant le Proof of Work, le mécanisme de consensus le plus éprouvé en termes de sécurité. Kaspa ne sacrifie pas la décentralisation pour la vitesse - il repense la structure de données pour obtenir les deux.

Tokenomics transparent. L’émission de KAS suit une courbe de réduction lissée, prévisible et immuable. Avec 95% du supply déjà en circulation, la pression vendeuse liée aux déblocages de tokens (un problème courant chez les projets VC-backed) n’existe pas.

Minage accessible. Avec des ASIC à partir de quelques centaines d’euros (IceRiver KS0), le minage de Kaspa reste accessible aux particuliers, même si les modèles plus puissants dominent le hashrate.

Points faibles de Kaspa

Absence de smart contracts. En 2026, Kaspa ne supporte toujours pas les smart contracts sur sa couche principale. Pas de DeFi, pas de NFT, pas de dApps. Le réseau se limite aux transferts de valeur. La feuille de route prévoit les vProgs, mais sans date de livraison ferme. Les investisseurs qui comptent sur un écosystème d’applications attendent encore.

Capitalisation et liquidité modestes. Avec une capitalisation de 2 à 4 milliards d’euros, Kaspa reste un projet de taille moyenne. La liquidité sur les exchanges est limitée comparée aux tokens du top 10. Les gros ordres d’achat ou de vente peuvent provoquer des mouvements de prix importants (slippage).

Pas de listing sur les exchanges majeurs. L’absence de Kaspa sur Coinbase et Binance spot restreint l’accès pour une large partie des investisseurs retail. Un listing futur n’est pas garanti, même si la communauté l’espère.

WARNING

Kaspa est un projet en développement actif, mais son écosystème d’applications est quasi inexistant. Si vous investissez dans KAS, vous pariez sur le potentiel technique du BlockDAG et sur les développements futurs (DAGKnight, smart contracts), pas sur un écosystème DeFi déjà fonctionnel.

Gouvernance informelle. Sans fondation structurée ni trésorerie dédiée, le développement repose sur des contributeurs bénévoles et des dons. Ce modèle est vertueux en termes de décentralisation, mais il crée un risque : si les développeurs clés se désengagent, le projet pourrait perdre son élan technique.

Concurrence dans le PoW. Kaspa n’est pas le seul projet à tenter de moderniser le Proof of Work. Des chaînes comme Alephium ou Ergo explorent aussi des architectures alternatives. Et surtout, Bitcoin reste la référence pour les investisseurs qui cherchent une exposition Proof of Work.

CAUTION

L’investissement dans Kaspa comporte un risque de concentration : une part importante du hashrate provient d’un petit nombre de modèles ASIC (IceRiver, Bitmain). Si un fabricant cessait de produire ces machines ou si un ASIC bien plus puissant sortait, l’équilibre du réseau pourrait être perturbé rapidement.

Notre avis sur Kaspa

Notre verdict sur Kaspa est neutre. Le projet a des bases techniques solides et une philosophie de distribution honnête, mais il manque encore de preuves concrètes pour justifier un avis positif.

Ce qui plaide en faveur de Kaspa : l’architecture BlockDAG + GHOSTDAG est une vraie innovation, pas un simple fork ou une copie. Les travaux de Yonatan Sompolinsky sont publiés et revus par la communauté académique. Le fair launch sans premine donne au projet une légitimité que beaucoup de tokens lancés entre 2020 et 2024 n’ont pas. Et les performances réseau (10 BPS, confirmations en 10 secondes) sont impressionnantes pour du Proof of Work.

Ce qui nous retient : l’absence de smart contracts en 2026 est un handicap sérieux. Sans dApps, sans DeFi, sans utilisation programmable de la chaîne, Kaspa reste un réseau de transfert de valeur - un domaine où Bitcoin domine largement. La feuille de route promet beaucoup (DAGKnight, vProgs), mais les dates de livraison restent floues.

Pour un investisseur, KAS est un pari asymétrique. Si les smart contracts arrivent et que le protocole DAGKnight tient ses promesses, Kaspa pourrait devenir une alternative crédible aux blockchains existantes - un Proof of Work rapide et programmable. Si le développement prend du retard ou si les développeurs clés partent, le projet risque de stagner malgré sa technologie.

Un projet techniquement ambitieux qui doit maintenant prouver qu’il peut dépasser le stade du transfert de valeur.

FAQ

Kaspa est-il un bon investissement en 2026 ?

KAS offre une exposition au Proof of Work nouvelle génération avec un fair launch et une technologie BlockDAG originale. Le risque principal est l’absence de smart contracts et d’un écosystème d’applications. La capitalisation reste modeste (2 à 4 milliards d’euros) et la liquidité est limitée par l’absence de listing sur Coinbase et Binance spot. Kaspa est un investissement spéculatif, adapté à un portefeuille crypto diversifié et à un profil de risque élevé.

Quelle est la différence entre Kaspa et Bitcoin ?

Bitcoin utilise une blockchain linéaire (un bloc toutes les 10 minutes), tandis que Kaspa utilise un BlockDAG qui produit 10 blocs par seconde. Les deux sont en Proof of Work, mais Kaspa atteint des confirmations en 10 secondes contre environ 60 minutes pour Bitcoin (6 confirmations). Bitcoin a l’avantage de la taille de réseau, de la liquidité et de la reconnaissance. Kaspa a l’avantage de la vitesse et de l’architecture plus récente.

Comment miner du Kaspa ?

Le minage de Kaspa utilise l’algorithme kHeavyHash, compatible avec des ASIC dédiés. Les modèles populaires incluent les IceRiver KS0 (entrée de gamme, quelques centaines d’euros), KS3 (plus puissant) et les ASIC Bitmain. Le minage GPU n’est plus rentable face aux ASIC. Vous pouvez miner en solo ou rejoindre un pool de minage comme Herominers, Woolypooly ou ACC Pool. La rentabilité dépend du coût de l’électricité et du cours du KAS.

Qu’est-ce que le protocole GHOSTDAG ?

GHOSTDAG (Greedy Heaviest-Observed Sub-DAG) est le protocole de consensus de Kaspa, développé par Yonatan Sompolinsky et Aviv Zohar. Contrairement au consensus de Bitcoin qui rejette les blocs créés en parallèle (blocs orphelins), GHOSTDAG les intègre tous dans un graphe orienté acyclique (DAG). Le protocole trie les blocs entre “honnêtes” et potentiellement malveillants, puis établit un ordre total des transactions. Cette approche permet de produire des blocs à haute fréquence sans sacrifier la sécurité du réseau.

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Cryptus

Cryptus

Fondateur de CryptoSous. Investisseur crypto depuis 2017, il ecrit des guides pratiques depuis 2019.

Cet article est publie a titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute decision financiere.