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Avis neutre 11 min de lecture

Stacks (STX) : notre avis sur le layer 2 Bitcoin

Découvrez notre avis détaillé sur Stacks (STX) : smart contracts sur Bitcoin, Proof of Transfer, Nakamoto upgrade et perspectives.

Stacks (STX) : notre avis sur le layer 2 Bitcoin

Qu’est-ce que Stacks ?

Stacks est une blockchain de couche 2 (layer 2) construite au-dessus de Bitcoin. Le projet a été cofondé en 2013 par Muneeb Ali et Ryan Shea, alors que Muneeb terminait son doctorat en informatique à Princeton, spécialisé dans les systèmes distribués. Le duo est passé par Y Combinator en 2014 sous le nom de Blockstack, avant de renommer le projet en Stacks en 2020.

L’ambition de Stacks tient en une phrase : apporter les smart contracts et les applications décentralisées à Bitcoin sans modifier le protocole Bitcoin lui-même. Là où Ethereum a construit sa propre infrastructure de zéro pour supporter la programmabilité, Stacks choisit de s’appuyer sur la sécurité et la décentralisation de Bitcoin comme couche de règlement.

Le token natif, STX, remplit plusieurs fonctions dans le réseau. Il sert de carburant pour exécuter les smart contracts, de mécanisme d’incitation pour les mineurs qui valident les blocs et de jeton de participation pour le “stacking” (l’équivalent du staking sur Stacks, où les détenteurs de STX verrouillent leurs tokens et reçoivent des récompenses en BTC).

En février 2026, le STX se négocie autour de 0,26 dollar, avec une capitalisation d’environ 480 millions de dollars et un supply en circulation de 1,81 milliard de tokens. Le projet se classe aux alentours de la 80e position par capitalisation. Un recul net par rapport au pic de 2024, quand le STX flirtait avec les 3 dollars porté par le narratif “Bitcoin L2”.

NOTE

Muneeb Ali est originaire du Pakistan. Son père, ancien militaire, a grandi dans un village près de Lahore sans électricité. Muneeb a obtenu son doctorat à Princeton, où sa thèse sur les systèmes distribués a été nominée pour le prix de la meilleure dissertation ACM SIGCOMM.

Comment fonctionne Stacks ?

Proof of Transfer : miner avec du Bitcoin

Le mécanisme de consensus de Stacks s’appelle le Proof of Transfer (PoX). C’est une approche qui ne ressemble ni au Proof of Work classique ni au Proof of Stake.

Le principe : les mineurs de Stacks transfèrent du BTC pour avoir le droit de produire le prochain bloc. Ce Bitcoin n’est pas brûlé ni envoyé à un fonds commun - il est distribué aux “stackers”, les détenteurs de STX qui ont verrouillé leurs tokens pour sécuriser le réseau. Les mineurs qui transfèrent le plus de BTC ont plus de chances d’être sélectionnés pour ajouter un bloc.

Ce design crée un lien économique direct entre Stacks et Bitcoin. Chaque bloc Stacks est ancré dans un bloc Bitcoin via un hash. Si quelqu’un voulait réécrire l’historique de Stacks, il devrait aussi réécrire l’historique de Bitcoin - ce qui est en pratique impossible.

Les stackers reçoivent leurs récompenses en BTC, pas en STX. C’est un des rares protocoles où le rendement du staking est versé dans une autre crypto que le token natif. Les APY tournent autour de 10% depuis les améliorations MEV apportées par le Nakamoto upgrade. Les cycles de récompenses durent environ deux semaines, calés sur le rythme des blocs Bitcoin.

Clarity : un langage anti-exploit

Stacks utilise Clarity, un langage de smart contracts développé en partenariat avec l’équipe d’Algorand. Contrairement à Solidity (le langage d’Ethereum), Clarity est volontairement non-Turing-complet. En pratique, ca veut dire que le comportement d’un contrat Clarity est entièrement prévisible avant son exécution.

Plusieurs choix de design distinguent Clarity :

  • Pas de compilation : les contrats sont publiés en code source lisible, pas en bytecode compilé. N’importe qui peut lire exactement ce que fait un contrat directement sur la blockchain.
  • Analyse statique : on peut prouver mathématiquement les propriétés d’un contrat avant déploiement, ce qui réduit les risques de bugs exploitables.
  • Pas de réentrance : le type de vulnérabilité qui a causé le hack de The DAO sur Ethereum (60 millions de dollars en 2016) est structurellement impossible en Clarity.

Le revers : Clarity est plus contraignant pour les développeurs. Le pool de développeurs Clarity est bien plus petit que celui de Solidity, ce qui freine la croissance de l’écosystème.

TIP

Les contrats Clarity sont publiés en clair sur la blockchain Stacks, sans compilation. Vous pouvez auditer directement le code source d’un protocole DeFi Stacks depuis un explorateur de blocs comme explorer.hiro.so, sans avoir besoin d’outils de décompilation.

Le Nakamoto upgrade

Le Nakamoto upgrade, déployé en 2024, est la mise à jour la plus importante de l’histoire de Stacks. Avant cette mise à jour, la blockchain Stacks avait un problème gênant : elle pouvait forker indépendamment de Bitcoin. Les temps de confirmation étaient aussi très longs, calqués sur les 10 minutes de Bitcoin.

Après le Nakamoto upgrade :

  • Temps de bloc réduit : les blocs Stacks sont produits toutes les 6 secondes environ, contre 10 minutes auparavant. Une amélioration de 100x en termes de latence.
  • Finalité Bitcoin : les transactions Stacks ne peuvent plus être annulées sans annuler aussi les transactions Bitcoin correspondantes. Le réseau ne fork plus de manière autonome.
  • Signers : un nouveau rôle dans le réseau. Les signers sont des opérateurs qui valident et signent les blocs Stacks. Les stackers participent en déléguant leurs STX à des signers de confiance.

Le réseau a connu un incident en janvier 2025 : les signers ont été mis hors ligne pendant un fork Bitcoin, provoquant un arrêt temporaire de la chaîne. Un rappel que l’architecture post-Nakamoto reste jeune et que des bugs sont encore possibles.

L’écosystème Stacks

sBTC : le Bitcoin programmable

Le sBTC est un actif adossé 1:1 au Bitcoin, lancé dans la foulée du Nakamoto upgrade. Son fonctionnement : un utilisateur dépose du BTC sur la couche 1 de Bitcoin, et reçoit en échange du sBTC sur Stacks. Ce sBTC peut ensuite être utilisé dans les protocoles DeFi de l’écosystème.

Le déploiement de sBTC s’est fait par phases avec des plafonds de dépôt progressifs. Le premier cap de 1 000 BTC a été rempli en quatre jours. Le deuxième et le troisième cap ont atteint leur limite en moins de 24 heures et 2,5 heures respectivement, montrant une demande forte. Le TVL en sBTC a dépassé 580 millions de dollars.

Pour le retrait, les withdrawals sBTC ont été activés fin avril 2025, rendant le pont bidirectionnel. Les signers Stacks valident les dépôts et les retraits, assurant la sécurité du mécanisme.

IMPORTANT

Le sBTC n’est pas un wrapped Bitcoin centralisé comme le wBTC (qui dépend d’un custodian unique, BitGo). Les opérations de dépôt et de retrait sont validées par un ensemble de signers décentralisés. Le risque n’est pas nul, mais le modèle de confiance est distribué entre plusieurs opérateurs.

Protocoles DeFi

L’écosystème DeFi de Stacks reste modeste comparé à Ethereum ou Solana. Le TVL total du réseau tourne autour de 208 millions de dollars (hors sBTC). Les principaux protocoles :

  • ALEX : le DEX historique de Stacks. ALEX propose des pools de liquidité, du trading et du lending. Le protocole a connu des difficultés en 2025, avec un TVL en baisse à 4 millions de dollars. ALEX a levé 20 millions de dollars auprès de Spartan Group, CMS et OKX Ventures.
  • StackingDAO : protocole de liquid stacking qui permet de stacker ses STX tout en gardant de la liquidité via le token stSTX. StackingDAO délègue le STX à plus de 10 signers professionnels comme Luganodes et Chorus One.
  • Arkadiko : protocole de stablecoin décentralisé, construit sur Stacks. Le TVL se situe à 4,4 millions de dollars, en baisse régulière.
  • Velar : plateforme DeFi en croissance (+26% au dernier trimestre), mais avec un TVL encore faible à 1,4 million.
  • Zest Protocol : lending de BTC sur Stacks, ciblant les détenteurs de Bitcoin qui veulent générer du rendement sans vendre.

Partenariats et intégrations

Le projet avance sur les intégrations institutionnelles. BitGo, Hex Trust, Copper et ForDeFi supportent le custody de sBTC, ciblant les institutionnels qui veulent déployer du capital BTC dans l’écosystème DeFi Stacks. Des ponts cross-chain avec Axelar et Wormhole sont prévus pour 2026, permettant au sBTC de circuler vers Solana, Aptos et d’autres écosystèmes.

Points forts de Stacks

Lien direct avec Bitcoin. Le Proof of Transfer ancre chaque bloc Stacks dans Bitcoin. Ce n’est pas un simple sidechain avec un pont multisig - c’est un réseau dont la sécurité est structurellement liée à celle de Bitcoin. Pour les maximalistes Bitcoin qui veulent de la programmabilité, Stacks est l’option la plus aboutie.

Récompenses en BTC. Les stackers reçoivent du Bitcoin réel, pas un token inflationniste. C’est un argument de poids pour les investisseurs qui veulent accumuler du BTC de manière productive.

Clarity et la sécurité des contrats. Un langage conçu pour éviter les exploits qui ont coûté des milliards à l’écosystème Ethereum (réentrance, overflows, front-running). Le code source lisible sur la blockchain apporte une transparence rare.

Le Nakamoto upgrade. Les blocs toutes les 6 secondes et la finalité Bitcoin transforment l’expérience utilisateur. Le réseau passe d’un prototype lent à une plateforme potentiellement utilisable pour la DeFi.

sBTC et le potentiel BTCFi. Plus de 5 000 BTC déposés en quelques semaines montrent un appétit réel pour le Bitcoin programmable. Si le BTCFi décolle, Stacks est positionné pour en capter une part importante.

Points faibles de Stacks

Un écosystème DeFi encore maigre. Le TVL de 208 millions de dollars (hors sBTC) est dérisoire face aux 8 milliards de Solana ou aux dizaines de milliards d’Ethereum et ses L2. Les protocoles phares comme ALEX et Arkadiko perdent de la TVL, pas l’inverse.

Chute du prix du STX. Le token a perdu plus de 90% depuis son plus haut de 2024, passant de plus de 3 dollars à 0,26 dollar. La capitalisation est tombée de 2,3 milliards à 480 millions. Cette chute est plus sévère que la moyenne du marché sur la même période.

Pool de développeurs limité. Clarity est un langage de niche. Très peu de développeurs blockchain le connaissent, et la courbe d’apprentissage est raide. Solidity (Ethereum) et Rust (Solana) attirent bien plus de talents, ce qui se traduit par un rythme d’innovation plus lent dans l’écosystème Stacks.

Concurrence féroce sur le segment Bitcoin L2. Stacks n’est plus le seul acteur. Lightning Network gère les paiements rapides. Babylon Chain propose du staking Bitcoin natif. RSK et Liquid existent depuis des années. Des dizaines de nouveaux projets “Bitcoin L2” ont émergé en 2024-2025. Stacks doit prouver sa supériorité technique sur un marché de plus en plus encombré.

Incidents de jeunesse. L’arrêt du réseau en janvier 2025 lors d’un fork Bitcoin, couplé à un incident de sécurité GitHub, rappelle que l’infrastructure post-Nakamoto n’est pas encore mature. Pour un réseau qui ambitionne de gérer des milliards en BTC, la fiabilité doit être irréprochable.

WARNING

Le marché “Bitcoin L2” compte désormais des dizaines de projets, chacun revendiquant un lien avec la sécurité de Bitcoin. Tous ne se valent pas. Avant d’investir, vérifiez si le projet ancre réellement ses données dans Bitcoin (comme Stacks le fait) ou s’il s’agit d’un simple sidechain avec un pont centralisé.

Notre avis sur Stacks

Notre verdict sur Stacks est neutre. Le projet porte une vision cohérente - construire la couche programmable de Bitcoin - et le Proof of Transfer est un mécanisme de consensus original qui crée un lien économique réel avec le réseau Bitcoin.

Le Nakamoto upgrade a résolu les problèmes de lenteur qui rendaient Stacks difficile à utiliser. Les blocs de 6 secondes et la finalité Bitcoin sont des améliorations concrètes. Le sBTC montre une traction réelle avec plus de 5 000 BTC déposés en quelques semaines.

Mais les chiffres actuels ne justifient pas l’enthousiasme. Le TVL DeFi reste faible. Le prix du STX a subi une correction sévère. L’écosystème applicatif est encore embryonnaire comparé à la concurrence. Et la multiplication des projets Bitcoin L2 dilue le narratif qui avait porté Stacks en 2024.

Pour un investisseur, le rapport risque/rendement est mitigé. Si vous croyez que le BTCFi deviendra un marché de plusieurs dizaines de milliards de dollars et que Stacks en sera le principal bénéficiaire, le prix actuel pourrait représenter un point d’entrée. Mais c’est un pari sur un scénario qui n’est pas garanti. La concurrence est réelle, l’adoption est lente et le token a déjà montré qu’il pouvait perdre 90% de sa valeur.

CAUTION

Le STX a perdu plus de 90% depuis son plus haut de 2024. Cette volatilité extrême est typique des tokens mid-cap liés à un narratif sectoriel (ici le BTCFi). N’allouez qu’une part marginale de votre portefeuille et considérez un plan d’achat progressif plutôt qu’un all-in.

Stacks reste le layer 2 Bitcoin le plus avancé en termes de smart contracts. La question ouverte : est-ce que le marché en a besoin, ou est-ce que Lightning Network et les rollups Bitcoin suffiront ? La réponse déterminera la trajectoire du projet sur les prochaines années.

FAQ

Stacks est-il un bon investissement en 2026 ?

Le STX se négocie autour de 0,26 dollar en février 2026, avec une capitalisation de 480 millions de dollars. Le token a perdu plus de 90% depuis son pic de 2024. Le projet bénéficie du narratif BTCFi et du déploiement réussi de sBTC, mais le TVL DeFi reste faible et la concurrence des autres Bitcoin L2 s’intensifie. C’est un investissement à haut risque, adapté aux investisseurs qui comprennent le secteur et qui acceptent une volatilité forte.

Quelle est la différence entre Stacks et Lightning Network ?

Lightning Network est un réseau de canaux de paiement optimisé pour les transactions rapides et bon marché en Bitcoin. Il ne supporte pas les smart contracts ni la DeFi. Stacks est une blockchain complète avec un langage de programmation (Clarity), des smart contracts et un écosystème DeFi. Les deux sont complémentaires : Lightning pour les paiements, Stacks pour la programmabilité.

Comment fonctionne le stacking de STX ?

Le stacking (avec un “ck”, pas un “k”) consiste à verrouiller ses STX pendant un cycle d’environ deux semaines. En échange, les stackers reçoivent des récompenses en BTC, provenant des mineurs qui participent au Proof of Transfer. Les APY tournent autour de 10%. On peut stacker directement (minimum requis élevé) ou passer par un protocole de liquid stacking comme StackingDAO, qui délègue à des signers professionnels.

Qu’est-ce que le sBTC et en quoi est-il différent du wBTC ?

Le sBTC est un actif adossé 1:1 au Bitcoin sur la blockchain Stacks. Contrairement au wBTC, qui dépend d’un custodian centralisé (BitGo) pour garder les BTC sous-jacents, le sBTC repose sur un groupe de signers décentralisés qui valident les dépôts et retraits. Le modèle de confiance est distribué, ce qui réduit le risque de point de défaillance unique. Le sBTC peut être utilisé dans les protocoles DeFi de Stacks pour générer du rendement sur ses BTC.

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Fondateur de CryptoSous. Investisseur crypto depuis 2017, il ecrit des guides pratiques depuis 2019.

Cet article est publie a titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute decision financiere.