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Cosmos (ATOM) : guide complet et notre avis en 2026

Qu'est-ce que Cosmos ? Fonctionnement de l'Internet des blockchains, IBC, Tendermint et notre avis detaille. Guide complet sur ATOM.

Cosmos (ATOM) : guide complet et notre avis en 2026

Qu’est-ce que Cosmos ?

Cosmos est un réseau décentralisé de blockchains indépendantes conçu pour résoudre un problème spécifique : les blockchains ne se parlent pas entre elles. Bitcoin, Ethereum, Solana - chacune fonctionne en vase clos. Cosmos veut briser ces silos en créant ce que ses fondateurs appellent “l’Internet des blockchains” : un écosystème où des dizaines de chaînes souveraines échangent des données et des tokens sans passer par des bridges externes.

Le projet a été lancé en 2014 par Jae Kwon, qui a publié le livre blanc de Tendermint, le moteur de consensus au coeur de Cosmos. Ethan Buchman l’a rejoint peu après comme cofondateur. Ensemble, ils ont créé la société All in Bits (aussi connue sous le nom Tendermint Inc.) et la Interchain Foundation (ICF), une fondation suisse à but non lucratif qui a supervisé le financement du projet. L’ICO d’avril 2017 a levé 17 millions de dollars en moins de 30 minutes. Le mainnet du Cosmos Hub a été lancé le 13 mars 2019.

ATOM est le token natif du Cosmos Hub, la première et principale blockchain du réseau. Il sert à deux choses : sécuriser le réseau via le staking (Proof of Stake) et voter sur les propositions de gouvernance. Avec un supply circulant d’environ 390 millions de tokens et une capitalisation qui fluctue entre 900 millions et 2 milliards de dollars selon les conditions de marché, Cosmos se classe généralement entre la 40e et la 60e place du classement crypto.

Un point à retenir d’emblée : ATOM n’est pas le token de tout l’écosystème Cosmos. C’est le token du Cosmos Hub, une seule chaîne parmi des dizaines. Les autres blockchains construites avec le Cosmos SDK (Osmosis, Celestia, dYdX, Injective) ont chacune leur propre token. Cette distinction est centrale pour comprendre les forces et les faiblesses du projet.

Comment fonctionne Cosmos ?

CometBFT (ex-Tendermint)

Le moteur de consensus de Cosmos s’appelle CometBFT (anciennement Tendermint BFT). C’est un algorithme de type Byzantine Fault Tolerant : le réseau peut continuer à fonctionner correctement tant que moins d’un tiers des validateurs sont malveillants ou hors ligne.

Le Cosmos Hub compte actuellement 180 validateurs actifs. Le temps de bloc est d’environ 6 à 7 secondes, et la finalité est immédiate - une fois qu’un bloc est validé, il ne peut pas être annulé. C’est une différence avec Bitcoin ou Ethereum où la finalité est probabiliste (il faut attendre plusieurs confirmations).

NOTE

CometBFT a été rebaptisé en 2023 après la séparation entre Tendermint Inc. (All in Bits) et l’équipe du SDK. Le logiciel est le même, seul le nom a changé. Si vous lisez des articles plus anciens qui parlent de “Tendermint”, c’est la même technologie.

Le staking sur le Cosmos Hub offre un rendement brut d’environ 15 à 20% par an, mais l’inflation du token ATOM se situe entre 7 et 20% (elle s’ajuste dynamiquement selon le ratio de tokens stakés). Le rendement réel est donc bien plus bas que le chiffre affiché.

Le Cosmos SDK

Le Cosmos SDK est un framework open source en Go qui permet à n’importe quel développeur de construire sa propre blockchain souveraine. Plutôt que de déployer un smart contract sur une chaîne existante (comme on le fait sur Ethereum), les projets qui utilisent le Cosmos SDK créent leur propre chaîne avec ses propres validateurs, sa propre gouvernance et sa propre logique métier.

Le SDK fonctionne par modules : staking, gouvernance, transferts de tokens, IBC - chaque module gère une fonctionnalité précise. Un développeur assemble les modules dont il a besoin, en personnalise les paramètres et peut créer ses propres modules sur mesure. Cette approche modulaire a attiré des dizaines de projets, dont certains comptent parmi les plus importants de l’industrie crypto.

IBC : le protocole d’interopérabilité

IBC (Inter-Blockchain Communication) est le protocole qui connecte les blockchains Cosmos entre elles. C’est la pièce maîtresse de l’écosystème. Grâce à IBC, un utilisateur peut envoyer des ATOM depuis le Cosmos Hub vers Osmosis, ou transférer des USDC d’une chaîne à une autre, sans passer par un bridge centralisé.

Le protocole repose sur des “relayers” - des logiciels qui observent les événements sur une chaîne et transmettent les preuves cryptographiques correspondantes à l’autre chaîne. Chaque chaîne vérifie ces preuves de manière autonome. En février 2026, plus de 110 chaînes sont connectées via IBC, et le protocole a traité des milliards de dollars de transferts depuis son lancement en 2021.

TIP

Pour suivre l’activité IBC en temps réel (nombre de transferts, chaînes connectées, volume), consultez le site MapOfZones.com. C’est le meilleur outil pour visualiser la santé du réseau Cosmos.

Interchain Security (ICS)

Interchain Security est une fonctionnalité lancée en 2023 qui permet au Cosmos Hub de “louer” sa sécurité à d’autres chaînes. Le principe : les validateurs du Cosmos Hub valident aussi les blocs d’une chaîne partenaire (appelée “consumer chain”). En échange, la consumer chain reverse une partie de ses revenus aux stakers d’ATOM.

L’idée était de donner à ATOM une utilité supplémentaire et de créer un flux de revenus pour les stakers au-delà de l’inflation. En pratique, peu de projets ont adopté ICS. Neutron (une chaîne DeFi) et Stride (staking liquide) l’utilisent, mais les revenus générés restent modestes par rapport aux attentes initiales. En 2025, le modèle a évolué vers Partial Set Security (PSS), qui permet aux consumer chains de n’utiliser qu’un sous-ensemble de validateurs plutôt que l’ensemble complet.

L’écosystème Cosmos en 2026

Les chaînes principales

L’écosystème Cosmos est vaste. Voici les projets les plus significatifs :

  • Osmosis : le DEX de référence de l’écosystème. Osmosis gère les échanges de tokens entre les chaînes Cosmos via IBC. Sa TVL se situe autour de 150 à 200 millions de dollars. C’est souvent le premier point de contact des utilisateurs avec la DeFi sur Cosmos.
  • Celestia : un projet de couche de disponibilité des données (DA layer) qui utilise le Cosmos SDK mais cible un marché différent. Les rollups Ethereum et d’autres chaînes utilisent Celestia pour publier leurs données de manière moins chère. Celestia a atteint une capitalisation dépassant les 2 milliards de dollars.
  • dYdX : la plateforme de trading de produits dérivés décentralisée a migré d’Ethereum vers sa propre chaîne Cosmos (appchain) fin 2023. dYdX traite des milliards de dollars de volume mensuel et représente l’un des plus gros succès de l’approche appchain.
  • Injective : un protocole de trading on-chain spécialisé dans les produits dérivés et les actifs du monde réel (RWA). Injective se distingue par des frais quasi nuls et des blocs à 0,8 seconde.
  • Cronos : la chaîne de Crypto.com, compatible EVM, qui sert de passerelle entre l’écosystème Cosmos et les applications Ethereum.

La DeFi sur Cosmos

La DeFi Cosmos s’organise autour de quelques protocoles clés :

ProtocoleFonctionChaîne
OsmosisDEX, AMMOsmosis
StrideStaking liquide (stATOM, stOSMO)Stride
Mars ProtocolPrêt/empruntMars Hub
KujiraLiquidations, DEXKujira
NeutronSmart contracts CosmWasmNeutron

WARNING

La TVL totale de l’écosystème Cosmos reste modeste comparée à Ethereum (60 milliards+) ou Solana (5 milliards+). Les pools de liquidité plus petits signifient un slippage plus élevé sur les gros ordres. Vérifiez toujours l’impact prix avant de swapper des montants importants sur Osmosis ou d’autres DEX Cosmos.

Gouvernance

Le Cosmos Hub utilise un système de gouvernance on-chain où les stakers d’ATOM votent sur les propositions. Les validateurs votent par défaut pour leurs délégateurs, mais chaque délégateur peut voter directement et annuler le vote de son validateur.

Les propositions de gouvernance couvrent des sujets divers : paramètres du réseau, dépenses du community pool, mises à jour logicielles, et questions de direction stratégique. Certaines propositions ont généré des débats intenses - comme la proposition 848 de 2023, qui visait à réduire l’inflation d’ATOM de 20% à 10%. Elle a été rejetée de justesse, illustrant les tensions entre stakers (qui bénéficient de l’inflation) et détenteurs non-stakers (qui sont dilués).

Points forts de Cosmos

La souveraineté des chaînes. Chaque blockchain construite avec le Cosmos SDK garde le contrôle total sur son consensus, ses frais et sa gouvernance. Un projet comme dYdX a pu optimiser sa chaîne spécifiquement pour le trading de produits dérivés, avec des blocs rapides et un carnet d’ordres on-chain. Ce niveau de personnalisation est impossible sur une blockchain généraliste.

IBC : l’interopérabilité qui marche. Avec plus de 110 chaînes connectées, IBC est le protocole d’interopérabilité le plus utilisé de l’industrie crypto. Contrairement aux bridges externes qui ont subi des hacks pour des milliards de dollars (Ronin, Wormhole, Nomad), IBC n’a pas connu de faille de sécurité significative. La vérification cryptographique native élimine le besoin de faire confiance à un intermédiaire.

Un écosystème de projets de premier plan. Celestia, dYdX, Injective, Cronos - plusieurs projets à forte capitalisation ont choisi l’approche Cosmos. C’est une validation de la thèse technique : pour certains cas d’usage, avoir sa propre chaîne est plus efficace que de déployer un smart contract sur une couche partagée.

Le Cosmos SDK comme standard. Le framework est devenu une référence pour la construction de blockchains modulaires. Même des projets qui ne se connectent pas à IBC l’utilisent. Cette adoption du SDK renforce la communauté de développeurs et les outils disponibles.

Points faibles de Cosmos

Le problème d’accrue de valeur d’ATOM. C’est le talon d’Achille du projet. Les blockchains construites avec le Cosmos SDK n’ont pas besoin d’ATOM pour fonctionner. Osmosis utilise OSMO, dYdX utilise DYDX, Celestia utilise TIA. Le Cosmos Hub et son token ATOM ne captent qu’une fraction de la valeur générée par l’écosystème. L’Interchain Security devait résoudre ce problème, mais l’adoption reste faible.

L’inflation élevée. Le taux d’inflation d’ATOM varie entre 7 et 20% par an, selon le pourcentage de tokens stakés. Si le ratio de staking descend sous les deux tiers du supply total, l’inflation augmente pour inciter davantage de staking. Cette mécanique dilue les détenteurs qui ne stakent pas. La proposition 848 pour réduire l’inflation a été rejetée, ce qui a déçu une partie de la communauté.

CAUTION

Si vous détenez des ATOM sans les staker, votre position est diluée chaque année par l’inflation (7 à 20%). Le staking est quasi obligatoire pour maintenir la valeur de votre investissement. Déléguer à un validateur prend quelques minutes et ne demande pas de compétences techniques avancées.

La gouvernance fragmentée. L’écosystème Cosmos a traversé plusieurs crises de gouvernance. Le départ de Jae Kwon, les tensions entre All in Bits et l’Interchain Foundation, les désaccords sur la direction du Cosmos Hub - ces conflits ont ralenti le développement et porté atteinte à l’image du projet. En 2024, la gouvernance du Hub restait agitée, avec des débats houleux sur la tokenomics et le financement.

La sécurité de chaque chaîne est indépendante. Contrairement à Polkadot où les parachains bénéficient de la sécurité partagée de la Relay Chain, chaque blockchain Cosmos doit recruter et payer ses propres validateurs. Une petite chaîne avec peu de staking est plus vulnérable aux attaques. ICS n’a résolu ce problème que partiellement.

La complexité pour l’utilisateur. Naviguer entre les chaînes Cosmos demande de comprendre IBC, de gérer plusieurs tokens pour les frais de gas (ATOM sur le Hub, OSMO sur Osmosis, etc.) et de jongler entre différentes interfaces. C’est plus simple que Polkadot, mais plus complexe qu’un écosystème unifié comme Solana.

Notre avis sur Cosmos

Notre verdict sur Cosmos est neutre.

Cosmos a tenu sa promesse technique. IBC fonctionne, le Cosmos SDK est un outil mature, et l’écosystème compte des projets parmi les plus innovants de l’industrie crypto. dYdX, Celestia et Injective montrent que la thèse de l’appchain - une blockchain dédiée par application - a de la valeur. Sur le plan technologique, Cosmos est un succès.

Le problème est économique. Le Cosmos Hub et ATOM sont au centre d’un paradoxe : l’écosystème prospère, mais le token ne capte pas cette valeur. Celestia vaut plus cher qu’ATOM en capitalisation. dYdX a son propre token. Osmosis n’a pas besoin d’ATOM pour fonctionner. L’Interchain Security devait créer un lien économique entre ATOM et les chaînes partenaires, mais l’adoption limitée n’a pas produit les résultats espérés.

L’inflation du token reste un frein. Sans réduction significative et sans nouvelles sources de revenus pour les stakers, ATOM risque de voir sa valeur diluée sur le long terme. La communauté n’a pas réussi à trouver un consensus sur les changements de tokenomics nécessaires.

IMPORTANT

L’écosystème Cosmos est à distinguer du token ATOM. Vous pouvez être positif sur la technologie Cosmos (IBC, SDK, appchains) tout en restant prudent sur ATOM comme investissement. Ce sont deux thèses distinctes.

Pour qui est adapté Cosmos ? Pour les investisseurs qui comprennent la thèse de l’interopérabilité et qui croient au modèle des blockchains souveraines connectées. ATOM convient comme position de diversification dans un portefeuille crypto, à condition de staker pour compenser l’inflation. Les utilisateurs qui veulent explorer la DeFi Cosmos trouveront un écosystème actif autour d’Osmosis et des appchains. Mais pour ceux qui cherchent un token avec un mécanisme clair d’accrue de valeur, ATOM n’offre pas cette garantie à ce stade.

FAQ

Quelle est la différence entre Cosmos et Polkadot ?

Les deux projets visent l’interopérabilité entre blockchains, mais avec des philosophies différentes. Cosmos privilégie la souveraineté : chaque chaîne gère sa propre sécurité et se connecte aux autres via IBC. Polkadot impose une sécurité partagée via la Relay Chain - les parachains délèguent la validation de leurs blocs au réseau central. Le modèle Cosmos offre plus de liberté aux projets (pas besoin de slot ou de coretime), mais chaque chaîne doit assurer sa propre sécurité. Le modèle Polkadot offre une sécurité plus forte aux petites chaînes, mais avec plus de contraintes. En termes d’adoption, Cosmos a un avantage avec des projets comme dYdX, Celestia et Injective, tandis que Polkadot mise sur Moonbeam et Acala.

Faut-il staker ses ATOM ?

Oui, presque obligatoirement. L’inflation d’ATOM varie entre 7 et 20% par an. Si vous ne stakez pas, votre part du supply total diminue chaque année. Le rendement brut du staking (15-20%) compense cette dilution et génère un rendement réel positif. Pour staker, il suffit de déléguer vos ATOM à un validateur via un portefeuille compatible (Keplr, Leap, Cosmostation). Attention : le unstaking prend 21 jours - vos ATOM sont bloqués pendant cette période et ne peuvent pas être vendus.

Où acheter du ATOM en France ?

ATOM est disponible sur les principales plateformes enregistrées auprès de l’AMF : Binance, Coinbase, Kraken, Coinhouse et Bitstamp. Des applications comme Revolut ou Trade Republic proposent aussi l’achat d’ATOM, mais souvent sans possibilité de retrait vers un wallet externe. Pour profiter du staking et de la DeFi Cosmos, vous devrez transférer vos ATOM vers un portefeuille compatible IBC comme Keplr (extension navigateur, le plus populaire de l’écosystème) ou Leap Wallet (alternative avec une bonne interface mobile).

ATOM peut-il prendre de la valeur à long terme ?

La trajectoire de prix d’ATOM dépend de deux facteurs : l’adoption de l’Interchain Security (qui donnerait une utilité concrète au token au-delà du staking) et l’évolution de la tokenomics (réduction de l’inflation). Si le Cosmos Hub devient un hub économique central pour l’écosystème, ATOM pourrait bénéficier de la croissance des chaînes connectées. Mais si les projets continuent à fonctionner de manière autonome sans utiliser les services du Hub, ATOM restera déconnecté de la valeur créée par l’écosystème. Le marché crypto dans son ensemble influence aussi le prix : ATOM a tendance à suivre les cycles de Bitcoin avec une volatilité plus forte.

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Fondateur de CryptoSous. Investisseur crypto depuis 2017, il ecrit des guides pratiques depuis 2019.

Cet article est publie a titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute decision financiere.