Qu’est-ce que XRP ?
XRP est le token natif du XRP Ledger (XRPL), un registre distribué open-source créé en 2012 par Jed McCaleb, Arthur Britto et David Schwartz. Le projet a été conçu dès le départ pour accélérer les paiements internationaux - un marché où les virements SWIFT prennent souvent 2 à 5 jours ouvrables et coûtent entre 20 et 50 EUR par opération.
Un point de confusion revient souvent : la différence entre XRP et Ripple. XRP désigne le token qui circule sur le XRP Ledger. Ripple Labs est l’entreprise privée basée à San Francisco qui développe des solutions de paiement utilisant ce token. Les deux sont liés mais distincts. Le XRP Ledger peut fonctionner sans Ripple Labs, et Ripple Labs pourrait en théorie utiliser une autre technologie. En pratique, Ripple reste le contributeur principal du code du XRPL et le plus gros détenteur de tokens XRP.
En termes de capitalisation, XRP se situe régulièrement dans le top 5 des cryptomonnaies, avec une valorisation oscillant entre 100 et 150 milliards d’euros en 2025-2026. Son supply maximum est fixé à 100 milliards de XRP, tous pré-minés à la création du réseau. Il n’y a pas de minage - une caractéristique qui distingue XRP de Bitcoin et de la plupart des blockchains de première génération.
NOTE
Contrairement à Bitcoin ou Ethereum, aucun XRP n’est créé après le lancement du réseau. Les 100 milliards de tokens ont été générés au démarrage en 2012. Ce modèle “pré-miné” est souvent critiqué, mais il élimine aussi les coûts énergétiques liés au minage.
Comment fonctionne le XRP Ledger ?
Un consensus sans minage
Le XRP Ledger n’utilise ni le Proof of Work (PoW) de Bitcoin, ni le Proof of Stake (PoS) d’Ethereum. Il repose sur le RPCA - Ripple Protocol Consensus Algorithm. Ce protocole fonctionne avec une liste de validateurs de confiance appelée UNL (Unique Node List).
Chaque noeud du réseau maintient sa propre UNL - une sélection de validateurs qu’il considère comme fiables. Pour qu’une transaction soit validée, au moins 80% des validateurs de la UNL doivent l’approuver. Ce seuil élevé empêche les doubles dépenses et garantit la cohérence du registre.
Le processus de validation se déroule en quelques étapes rapides :
Performances techniques
Les chiffres du XRPL sont parmi les plus élevés du secteur pour un réseau de couche 1 :
- Débit : jusqu’à 1 500 transactions par seconde (TPS)
- Confirmation : 3 à 5 secondes pour un règlement définitif
- Frais : environ 0,00001 XRP par transaction, soit moins de 0,0002 EUR
- Fonctionnement continu : le XRPL n’a connu aucune interruption majeure depuis son lancement
Ces performances rendent le réseau adapté aux micro-paiements et aux transferts de fonds à grande échelle. Le coût quasi-nul par transaction est un avantage direct pour les cas d’usage liés aux paiements.
TIP
Les frais de transaction sur le XRPL sont détruits après chaque opération (mécanisme déflationniste). Au rythme actuel, il faudrait des milliers d’années pour que ce burn ait un impact significatif sur le supply total, mais le principe est intégré au protocole.
Évolutions récentes du XRPL
Le XRP Ledger a évolué bien au-delà du simple transfert de valeur. Depuis 2024, un AMM (Automated Market Maker) est intégré directement au protocole. Les utilisateurs peuvent fournir de la liquidité et échanger des tokens sans passer par une plateforme centralisée, le tout avec les mêmes frais négligeables que les transactions classiques.
L’amendement Hooks, en cours de déploiement, apporte une fonctionnalité proche des smart contracts. Les Hooks permettent d’attacher une logique programmable aux comptes XRPL - par exemple, des conditions automatiques sur les paiements, des limites de dépenses ou des workflows de validation multi-signatures. Cette approche reste plus légère qu’un langage de smart contract complet comme Solidity, mais elle ouvre le XRPL à des cas d’usage DeFi qui lui étaient auparavant inaccessibles.
XRP et les paiements internationaux
Le produit Ripple Payments
Ripple Labs a construit sa proposition de valeur autour d’un problème concret : les paiements transfrontaliers sont lents, chers et opaques. Le produit phare de Ripple, autrefois appelé On-Demand Liquidity (ODL) et rebaptisé Ripple Payments, utilise XRP comme monnaie-pont entre deux devises.
Le fonctionnement est simple dans son principe : un expéditeur au Japon veut envoyer des yens à un destinataire au Mexique. Au lieu de passer par plusieurs banques intermédiaires (modèle SWIFT classique), Ripple Payments convertit les yens en XRP, transfère le XRP en 3-5 secondes via le XRPL, puis convertit le XRP en pesos mexicains côté destinataire. L’opération complète prend moins d’une minute et coûte une fraction du prix d’un virement SWIFT.
Partenariats et déploiement
Ripple revendique des partenariats avec plus de 300 institutions financières dans plus de 40 pays. Parmi les noms les plus connus :
- SBI Holdings (Japon) : partenaire historique, SBI Remit utilise activement ODL pour les corridors Japon-Philippines et Japon-Thaïlande
- Santander (Espagne) : a testé One Pay FX, un service de paiement international basé sur la technologie Ripple
- Tranglo (Asie du Sud-Est) : acquisition partielle par Ripple pour renforcer les corridors asiatiques
- National Bank of Egypt : accord pour utiliser RippleNet dans le corridor Moyen-Orient/Afrique
En janvier 2025, Ripple a obtenu une licence DFSA (Dubai Financial Services Authority) pour fournir des paiements régulés en stablecoins dans le Dubai International Financial Centre, devenant l’un des trois seuls fournisseurs autorisés dans ce hub financier mondial.
La réalité est contrastée. Si RippleNet compte effectivement des centaines de partenaires, tous n’utilisent pas XRP comme monnaie-pont. Certains se contentent de la couche de messagerie de Ripple, sans toucher au token. Le volume réel d’XRP utilisé dans les paiements institutionnels reste difficile à évaluer avec précision.
WARNING
Les annonces de “partenariats” Ripple sont parfois des accords de test ou des lettres d’intention. Vérifiez toujours si une banque utilise effectivement XRP dans ses flux de paiement avant de tirer des conclusions sur l’adoption réelle.
Le procès SEC vs Ripple
Chronologie du conflit
Le 22 décembre 2020, la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine a déposé une plainte contre Ripple Labs, son PDG Brad Garlinghouse et son co-fondateur Chris Larsen. L’accusation : avoir vendu pour 1,3 milliard de dollars de XRP en tant que titres financiers non enregistrés (unregistered securities).
Cette plainte a provoqué un choc sur le marché. Plusieurs plateformes américaines ont délisté XRP, et le cours a chuté de plus de 60% dans les semaines suivantes.
Le jugement de juillet 2023
Le 13 juillet 2023, la juge Analisa Torres a rendu une décision historique pour l’industrie crypto. Elle a établi une distinction importante :
- Ventes programmatiques (en bourse, à des acheteurs anonymes) : XRP n’est pas un titre financier dans ce contexte. Les acheteurs sur les exchanges n’ont pas d’attente raisonnable de profit lié aux efforts de Ripple.
- Ventes institutionnelles (directement à des fonds et entreprises) : ces ventes sont des offres de titres non enregistrés, car les acheteurs institutionnels avaient une relation directe avec Ripple et une attente de profit liée à ses efforts.
Cette décision a été saluée comme une victoire partielle par la communauté XRP. Le cours a bondi de plus de 70% dans les heures qui ont suivi.
Résolution et conséquences
En 2024 et 2025, les procédures restantes se sont progressivement résolues. Ripple a accepté une amende réduite par rapport aux demandes initiales de la SEC. L’équipe juridique de Ripple a largement communiqué sur le fait que XRP, en tant que token échangé sur les marchés publics, n’est pas un titre financier aux États-Unis.
Ce précédent juridique a influencé le traitement réglementaire d’autres cryptomonnaies. Mais il faut garder en tête que cette décision vient d’un tribunal de district - pas de la Cour Suprême. D’autres juridictions pourraient arriver à des conclusions différentes.
IMPORTANT
Le jugement Torres ne s’applique qu’aux États-Unis et ne constitue pas un précédent contraignant pour les autres tribunaux. En Europe, le cadre MiCA s’applique indépendamment, et la classification de XRP pourrait différer selon les pays.
Points forts de XRP
Vitesse de transaction. Avec un règlement définitif en 3 à 5 secondes, XRP est parmi les cryptomonnaies les plus rapides pour les transferts de valeur. À titre de comparaison, Bitcoin prend 10 à 60 minutes et Ethereum entre 12 secondes et plusieurs minutes selon la congestion du réseau.
Frais négligeables. Chaque transaction coûte environ 0,0002 EUR. Envoyer 10 EUR ou 10 millions d’EUR coûte le même prix - un avantage concret pour les transferts de gros montants.
Cas d’usage réel. Contrairement à beaucoup de projets crypto qui cherchent encore leur utilité, XRP a un cas d’usage identifié et déployé : les paiements transfrontaliers. Le marché des transferts de fonds internationaux dépasse 150 milliards de dollars par an, et même une petite part de ce marché représente un volume significatif.
Réseau établi. Le XRPL fonctionne sans interruption depuis 2012. Treize ans de fonctionnement continu donnent un historique de fiabilité que peu de blockchains peuvent revendiquer.
Partenariats institutionnels. Ripple Labs dispose de relations avec des banques et des prestataires de paiement dans plus de 40 pays. Cette présence institutionnelle différencie XRP de la plupart des altcoins.
Points faibles de XRP
Centralisation perçue. Ripple Labs détient environ 40 milliards de XRP, soit 40% du supply total. Ces tokens sont bloqués dans un système d’escrow qui libère jusqu’à 1 milliard de XRP par mois. En pratique, Ripple remet en escrow la majorité des tokens libérés chaque mois, mais cette concentration de richesse reste un point de critique récurrent. Le fait que la UNL par défaut soit gérée par Ripple renforce cette perception de centralisation.
Dépendance à Ripple Labs. Même si le XRPL est techniquement open-source, son développement et son adoption sont fortement liés à Ripple Labs. Si l’entreprise venait à faire faillite ou à pivoter vers une autre technologie, l’impact sur l’écosystème XRP serait significatif. Peu de projets tiers construisent sur le XRPL de manière indépendante.
Écosystème DeFi limité. Comparé à Ethereum (plus de 50 milliards de dollars en TVL) ou même à Solana (plusieurs milliards), l’écosystème DeFi du XRPL reste modeste. L’intégration de l’AMM natif et les Hooks pourraient changer la donne, mais le retard accumulé est important. Les développeurs DeFi gravitent naturellement vers les écosystèmes où la liquidité est déjà présente.
Controverse historique. Au-delà du procès SEC, XRP traîne un historique de controverses : le départ conflictuel de Jed McCaleb (co-fondateur) qui a vendu des milliards de XRP sur plusieurs années, les accusations de manipulation de cours, et le débat permanent sur le caractère “décentralisé” du réseau. Ces éléments pèsent sur la réputation du projet auprès d’une partie de la communauté crypto.
Modèle pré-miné. L’absence de minage signifie que 100% des tokens existaient au jour 1. Ripple et les fondateurs ont reçu une part importante de ce supply initial. Pour les partisans d’une distribution équitable via le minage (comme Bitcoin), ce modèle pose un problème de légitimité.
CAUTION
Le système d’escrow de Ripple libère jusqu’à 1 milliard de XRP chaque mois. Même si la majorité est remise en escrow, ces libérations représentent une pression vendeuse potentielle. Surveillez les rapports trimestriels de Ripple pour suivre les volumes réellement vendus.
Notre avis sur XRP
Notre verdict sur XRP est neutre. Le projet présente des atouts concrets mais aussi des faiblesses structurelles qui empêchent de le recommander sans réserve.
Côté positif, XRP a un cas d’usage identifié dans un marché énorme (les paiements internationaux), des performances techniques solides, et une résolution favorable du principal risque juridique qui pesait sur le projet. Le XRPL a fait ses preuves en termes de fiabilité, et les évolutions récentes (AMM, Hooks) montrent que le protocole continue d’innover.
Côté négatif, la concentration du supply entre les mains de Ripple Labs, la dépendance au succès commercial de l’entreprise, et l’écosystème DeFi encore embryonnaire sont des freins réels. Le succès de XRP dépend en grande partie de la capacité de Ripple à convaincre les banques d’utiliser le token - et pas seulement la couche de messagerie.
Pour un investisseur, XRP peut avoir sa place dans un portefeuille diversifié, mais avec une allocation mesurée. Le token est fortement corrélé aux annonces de Ripple Labs et aux évolutions réglementaires, ce qui crée une volatilité parfois déconnectée des fondamentaux du marché crypto général.
Un projet sérieux avec un cas d’usage réel, mais dont l’avenir dépend davantage d’une entreprise privée que de la dynamique d’un écosystème décentralisé.
FAQ
XRP est-il un bon investissement en 2026 ?
XRP se situe dans le top 5 des cryptomonnaies par capitalisation (100-150 milliards d’euros). Le token bénéficie d’un cas d’usage concret dans les paiements internationaux et d’une résolution favorable du procès SEC. Mais la forte concentration du supply chez Ripple Labs et la dépendance à une seule entreprise représentent des risques spécifiques. Comme pour tout investissement crypto, n’allouez que ce que vous êtes prêt à perdre et diversifiez votre portefeuille.
Quelle est la différence entre XRP et Ripple ?
XRP est le token qui circule sur le XRP Ledger, un registre distribué open-source. Ripple Labs est l’entreprise privée américaine qui développe des solutions de paiement et qui est le principal contributeur au code du XRPL. Ripple Labs détient environ 40 milliards de XRP en escrow. On peut détenir et utiliser du XRP sans avoir de rapport avec Ripple Labs, mais le développement du réseau reste très lié à l’entreprise.
Où acheter du XRP en France ?
XRP est disponible sur les principales plateformes enregistrées en France : Coinbase, Kraken, Binance, Coinhouse et Bitpanda. Pour les plateformes enregistrées PSAN auprès de l’AMF (comme Coinhouse), vous bénéficiez d’un cadre réglementaire plus protecteur. Vérifiez les frais de chaque plateforme avant d’acheter - ils varient de 0,1% à 2,5% selon l’exchange et la méthode de paiement.